Alors que la loi sur le vice-président vient d’être promulguée, le fils du président a regagné Yaoundé dans la soirée, en jet privé, à quelques heures de l’arrivée de Léon XIV. Une séquence qui alimente un peu plus les spéculations sur sa succession.
L’homme le plus discret du sérail refait surface au moment le plus crucial. Franck Biya, dont le nom revient avec une insistance croissante pour succéder à son père à la tête du Cameroun, a regagné Yaoundé hier soir. Selon des informations de source aéroportuaire, il a été aperçu à la descente d’un jet privé, sans doute en provenance d’un séjour à l’étranger dont la destination et la nature n’ont pas été dévoilées.
Son retour intervient à quelques heures seulement de l’arrivée du pape Léon XIV, attendu ce 15 avril à Yaoundé pour une visite historique. Selon des proches, l’objectif officieux de cette rentrée précipitée serait clair : recevoir la bénédiction du souverain pontife, avant même que les projecteurs ne se tournent vers la cérémonie d’accueil officielle à la présidence.
Mais c’est un autre détail qui alimente toutes les conversations dans les couloirs du palais : la loi instituant le poste de vice-président de la République vient tout juste d’être promulguée par Paul Biya. Un texte taillé sur mesure, selon ses détracteurs, pour permettre une succession en douceur, sans passer par l’urne. Et dans cette configuration, le nom de Franck Biya apparaît comme l’évidence pour beaucoup.
« Le V.P, c’est chacun qui va donner sa définition là-bas »
Dans les salons du RDPC comme dans les rédactions, on en rit jaune. « Le V.P, c’est chacun qui va donner sa définition là-bas », souffle un sénateur sous couvert d’anonymat, en écho aux critiques récentes de René Zé Nguélé sur le flou de cette fonction. Pour certains, il s’agirait d’un simple suppléant technique. Pour d’autres, d’un héritier désigné. Les proches de Franck Biya, eux, ne disent rien. Mais son retour express – à peine vingt-quatre heures après avoir été aperçu à l’étranger – parle pour eux.
L’opposition, elle, dénonce déjà une « mise en scène ». « On prépare l’opinion à une nomination par cooptation, en profitant de la venue du pape pour donner une onction morale à une opération politique », tonne un responsable du MRC. Officiellement, la présidence camerounaise n’a fait aucun commentaire sur l’identité du futur vice-président, qui devrait être nommé dans les prochaines semaines.
Reste à savoir si Franck Biya assistera aux côtés de son père à la rencontre avec Léon XIV. Une image les réunissant tous les trois, sous l’œil des caméras du monde entier, aurait une force redoutable. Elle scellerait, pour beaucoup, ce qui n’est encore qu’une rumeur : l’entrée officielle de l’héritier dans l’histoire politique du Cameroun.