Le monde a désespérément besoin d'espoir : le message choc de Paul Biya au pape Léon XIV

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Thu, 16 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Devant le souverain pontife reçu ce 15 avril à Yaoundé, le président camerounais a dressé un tableau sombre de la situation internationale et appelé à remplacer « la voix des armes par la voie du dialogue ». Une prise de parole qui n'est pas sans arrière-pensées politiques.

C'était l'un des moments les plus attendus de cette visite historique. Et Paul Biya n'a pas déçu. Face au pape Léon XIV, reçu ce mercredi à la présidence de la République en présence des autorités, de la société civile et du corps diplomatique, le président camerounais a livré un discours de bienvenue d'une tonalité étonnamment grave et visionnaire.

« Le monde est en effet secoué par des crises et des conflits de plus en plus graves, qui sèment la mort et la désolation. Les États sont en proie à des difficultés économiques croissantes. La misère se répand. La souffrance afflige des peuples entiers. L'angoisse et le doute étreignent les cœurs », a déclaré le chef de l'État, devant un pape attentif.

Un constat sans fard qui contraste avec l'exercice habituel du protocole. Là où l'on attendait des formules de circonstance, Paul Biya a choisi d'ancrer son propos dans l'air du temps mondial. Et d'adresser, en creux, un message à la communauté internationale : « Un monde où l'immense ressource consacrée à la guerre servirait à promouvoir le bien-être des peuples. »

Une mise en scène au service de la paix intérieure

Si le président a parlé du monde, c'est bien du Cameroun qu'il s'agissait en filigrane. En évoquant les solutions aux crises auxquelles son pays a été confronté ces dernières années, il a fait allusion, sans jamais les nommer, aux conflits anglophone et sécuritaire qui ont endeuillé le Cameroun. « Nous nous sommes inspirés, avec bonheur, des valeurs de paix, de tolérance et de pardon dans la recherche des solutions », a-t-il affirmé.

Une façon habile de renvoyer dos à dos ceux qui, à l'intérieur comme à l'extérieur, accusent Yaoundé de négliger la voie du dialogue. Le pape, médiateur attendu à Bamenda ce 16 avril pour une rencontre dédiée à la paix, n'a sans doute pas perdu une miette de ce sous-texte.

Le record des trois papes

Autre enseignement de ce discours : la fierté affichée par Paul Biya d'accueillir un souverain pontife pour la troisième fois de son mandat. Il a d'ailleurs rappelé qu'il s'agit de la « quatrième visite d'un pape en terre camerounaise » – la troisième sous son règne, après Jean-Paul II en 1985 et Benoît XVI en 2009.

« Le peuple camerounais mesure le privilège rare qui est le sien de recevoir Votre Sainteté lors de sa première tournée en Afrique, quelques mois à peine après votre accession au Trône de Saint-Pierre », a-t-il martelé. Une manière de souligner le statut particulier de son pays aux yeux du Vatican, et de renforcer sa propre légitimité, à un moment où les critiques fusent sur la réforme constitutionnelle et la création du poste de vice-président.

Un hommage appuyé à Léon XIV

Enfin, Paul Biya n'a pas tari d'éloges sur le pape américain, saluant « son parcours exemplaire, la force de ses convictions et la foi qui l'anime ». « Je sais que vous ne vous arrêterez pas, que vous ne renoncerez pas », a-t-il lancé, en écho aux défis qui attendent le pontife sur le continent africain.

La réponse de Léon XIV, attendue dans les prochaines heures, dira si le Vatican partage cette vision du monde et du rôle que le Cameroun entend jouer sur l'échiquier régional.

Source: www.camerounweb.com