Chantal Biya avait la peur de sa vie: La Gendarmerie enquête sur la coupure d'électricité au Palais des Congrès lors du Ballon d'Or 2025

Chantal Biya Lors Du 8 Mars Image illustrative

Thu, 16 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Ce qui semblait n'être qu'un incident technique embarrassant prend désormais une tout autre dimension. La Légion de Gendarmerie du Centre, sous la signature du Colonel Nguele Joseph Désiré, commandant de la Légion, assisté du Capitaine Apoh Willybrown Ndumbe, Chef du Bureau de Lutte Contre la Grande Criminalité, a adressé ce 14 avril 2026 une réquisition officielle au Directeur de l'Agence de Régulation de l'Électricité (ARSEL) de Yaoundé. L'objet : fournir un rapport détaillé pouvant justifier les interruptions d'électricité survenues au Palais des Congrès de Yaoundé et à l'Hôtel Mont Fébé dans les soirées du 27 février et du 22 mars 2026, aux alentours de 23 heures et 22 heures respectivement. La réquisition judiciaire, enregistrée sous le numéro A1/RQ172/2-EM/LC/BLCGC, s'inscrit dans le cadre d'une enquête judiciaire ouverte le 13 avril 2026.

Retour sur les faits : la honte du Palais des Congrès

Pour comprendre l'ampleur de ce qui se joue, il faut revenir à la soirée du 27 février 2026. Ce soir-là, le Palais des Congrès de Yaoundé accueillait la cérémonie du Ballon d'Or 2025 du football camerounais — l'un des événements sportifs les plus attendus du calendrier national. Dans les travées de la salle, une invitée de marque rehaussait l'éclat de la cérémonie de sa présence : la Première Dame Chantal Biya, applaudissant les lauréats avec sourire et enthousiasme, selon le récit qu'en avait fait notre confrère Daniel Mbopda dès le 28 février dernier.

La soirée se déroulait parfaitement. Le Ballon d'Or féminin avait été décerné à Lys Fraiche Tiwa sous les ovations du public. Il ne restait plus qu'à couronner le Ballon d'Or masculin — le moment le plus attendu de la cérémonie. C'est alors que l'impensable s'est produit : une coupure d'électricité totale a plongé la salle dans le noir complet. La Première Dame du Cameroun, les officiels, les sportifs, les invités — tous dans le noir, dans un silence stupéfait. Une image catastrophique, retransmise en direct sur les écrans des ménages camerounais qui regardaient la bande-annonce passer en boucle en attendant le retour du courant.

Quelques minutes plus tard, l'électricité est revenue. Serge Daura a finalement reçu son Ballon d'Or, et la cérémonie s'est achevée dans un relatif succès. Mais l'incident avait déjà fait le tour du pays, suscitant la stupeur et l'indignation. Comment le Palais des Congrès — vitrine institutionnelle de la République, hôte d'événements d'État majeurs — pouvait-il ne pas disposer d'un système automatique de secours électrique ? La question était posée. Et manifestement, elle ne s'est pas arrêtée là.

La réquisition adressée à l'ARSEL est un acte judiciaire sérieux. Elle s'appuie sur le Code de Procédure Pénale (articles 79, 82 à 91, 116 et 117), le Décret N°60/280 sur le service de la Gendarmerie, et l'Article 174 du Code Pénal sur le «requis défaillant». L'enquête vise à déterminer les circonstances exactes de ces coupures — notamment pourquoi le Palais des Congrès, censé être une infrastructure d'État de premier rang, a succombé à une panne de courant aussi banale que récurrente dans les quartiers populaires de Yaoundé.

La réquisition exige un rapport détaillé dans un délai de 72 heures à compter de sa réception, sous peine des sanctions prévues pour requis défaillant. L'ARSEL devra s'expliquer. Et derrière elle, c'est toute la chaîne de responsabilité dans la gestion des infrastructures électriques des bâtiments d'État qui est dans le collimateur.

Que la Gendarmerie diligente une enquête sur une coupure d'électricité lors d'un événement sportif — aussi symbolique soit-il — n'est pas anodin. La présence de Chantal Biya ce soir-là transforme un incident technique en affaire d'État. Laisser la Première Dame dans le noir, devant les caméras nationales, dans l'enceinte du Palais des Congrès, c'est une faute protocolaire et sécuritaire que les autorités ne pouvaient pas laisser sans réponse ni responsable.

Cette enquête envoie un message clair à tous les gestionnaires d'infrastructures publiques camerounaises : la négligence technique a des conséquences judiciaires. Et lorsqu'elle se produit devant la Première Dame du Cameroun, ces conséquences peuvent être particulièrement rapides.

Source: www.camerounweb.com