Sur le profil du vice-président de la république, Me Jean Guy Zogo, le guide suprême président général, de l’Union des populations africaines (UPA), a son idée.
J’exprime également le vœu que ce Congrès puisse inspirer à chacun un supplément de générosité à l’égard de nos compatriotes, que nous avons mission de servir, en particulier à l’égard de la nombreuse et dynamique jeunesse camerounaise à qui revient la responsabilité de l’avenir de ce pays, une jeunesse dans laquelle nous devons constamment investir, pour entretenir en son sein, le goût de l’action et de la création. En effet, il ne nous importe pas seulement que cette jeunesse apprécie l’héritage que nous lui aurons légué. Il nous faut aussi nous assurer que, reconnaissante, elle pourra témoigner avec fierté que nous avons su préparer, de façon heureuse, sa rencontre avec l’Histoire. Il s’agit de nous montrer capables d’aménager, dans une perspective toujours plus large, le champ le plus favorable à l’épanouissement de cette jeunesse, le plus digne d’accueillir les grandes espérances du peuple camerounais.». Ainsi s’exprimait Paul BIYA, Président National de l’Union Nationale Camerounaise (UNC), à Bamenda, le 22 mars 1985 lors du quatrième Congrès Ordinaire de ce parti, dans son Rapport de Politique Générale.
Quarante-cinq ans plus tard, à la faveur de l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025, il a entamé un ultime mandat, que j’ai qualifié à juste titre de « Mandat testamentaire ». Il est loisible de noter tout de suite qu’en le baptisant « Septennat des Grandes Espérances «, il est entrain de fermer une parenthèse qu’il avait ouverte en 1985, quand il avait changé le nom de l’Union Nationale Camerounaise (UNC) en Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Lorsqu’il ouvrait cette parenthèse, il venait d’accéder à la Magistrature Suprême le 06 novembre 1982, soit trois ans plus tôt, et avait su tirer son épingle du jeu macabre de la tentative de coup d’état manqué du 06 Avril 1984, après avoir été élu le 14 septembre 1983, Président National de l’Union Nationale Camerounaise (UNC). Il parlait déjà des « Grandes Espérances » du peuple camerounais. Il parlait déjà aussi de « Grandeur et de Prospérité «. La boucle peut-elle donc être logiquement considérée comme bouclée ? Pas tout à fait.
Car il lui reste encore, et c’est probablement cela le plus difficile et le plus délicat, à désigner son successeur constitutionnel, étant donné qu’il semble avoir procédé au choix de le faire lui-même, privant ainsi les Populations Camerounaises de l’exercice de leur pouvoir souverain au travers d’une élection présidentielle à laquelle, le détenteur de l’intérim présidentiel n’aurait pas été Candidat. Certains diront, comme d’habitude pour justifier l’injustifiable, qu’il a choisi de donner le pouvoir exactement ou presque tel qu’il l’avait, il y a un demi-siècle, lui-même reçu. Très poétique, bien qu’idéologiquement malsain et démocratiquement ignominieux.
Les « Grandes Espérances » du « peuple camerounais » étaient au cœur de son Rapport de Politique Générale en 1985, les « Grandes Espérances » du « peuple camerounais » sont l’objet de son septennat commencé le 06 Novembre 2025 au sortir de sa prestation de serment comme Président de la République du Cameroun fraîchement réélu. Trois questions surgissent dès lors dans mon esprit : La première est celle de savoir si de 1985 à 2025, il a effectivement construit, dans l’imaginaire collectif national et inscrit dans la conscience collective camerounaise de manière durable, des éléments probants d’une réelle possibilité d’espérance au travers d’opportunités plausibles, équitables et accessibles au plus grand nombre ? C’est donc sur les « Grandes Espérances » qu’il me semble le plus opportun de questionner le bilan du « Renouveau », qui est supposé nous avoir apporté, la démocratie et la prospérité. Il serait fastidieux de s’atteler, en une seule publication, de faire le bilan du « Renouveau » tant il y aurait à dire. Non pas parce que beaucoup aurait été fait, d’ailleurs loin s’en faut, mais bien parce qu’il serait bien peu aisé d’être exhaustif sur ce qui ne l’a pas été ou aurait pu l’être mieux. Toutefois, il est très facile de juger le bilan du « Renouveau » en observant froidement, dans une analyse sociologique et anthropologique sans complaisance, les deux composantes les plus denses de notre société : les jeunes et les femmes ! Ce à quoi ressemble le jeune et la femme Camerounais aujourd’hui, nous donne le baromètre du niveau de déliquescence civilisationnelle de la société Camerounaise sous le « Renouveau ».
La deuxième question est celle de savoir si de 1985 à 2025, il a su transformer la société Camerounaise de manière à lui donner les outils de son autodétermination dans le concert des nations du monde, au regard des mutations géopolitiques observées ces dernières décennies, et qui sont au cœur même des enjeux civilisationnels contemporains ? Là encore, le constat est amer et laisse un goût de cendres dans la bouche. Notre économie, toujours de plus en plus extravertie, perpétue l’esclavage transatlantique en faisant de notre pays, un fournisseur de matières premières et un dépotoir de produits manufacturés, généralement nocifs tant pour la santé humaine qu’animale et végétale. Nous continuons à être une néo colonie ! « Il faut qualifier cette société nouvelle, qui doit favoriser le plein épanouissement de l’homme camerounais. Je la qualifierai de société de libéralisme communautaire parce que, imprégnée de l’esprit libéral, elle se réchauffe également au foyer ardent du communautarisme africain. J’ai parlé de création originale « made in Cameroun » Il nous appartiendra, il appartiendra à notre parti, de continuer, par la réflexion, et l’action, de préciser toujours davantage le projet de société ainsi évoqué ». Ainsi s’exprimait aussi Paul BIYA, toujours dans son Rapport de Politique Générale le 22 Mars 1985. Où en est-on aujourd’hui avec ce « Made in Cameroon » ? Joseph Tchundjang Pouémi nous avait bien prévenus : une indépendance politique sans indépendance économique est une coquille vide.
La troisième question est celle de savoir si, de 1985 à 2025, Paul BIYA, Président National du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), et Président de la République du Cameroun sans discontinuité, a effectivement construit, balisé et pavé, le chemin de la rencontre de la jeunesse camerounaise avec l’Histoire ? Parce que nous y sommes, le rendez-vous de la jeunesse camerounaise avec l’Histoire, c’est maintenant qu’il a lieu, pas demain, pas hier, aujourd’hui et maintenant ! Force est de constater que non, tant il est loisible d’être témoin au quotidien, lorsqu’on arpente les rues mal famées de nos villages, villes, quartiers, du désœuvrement de cette jeunesse, dont l’abrutissement collectif organisé par l’ordre gouvernant néocolonial établi, l’a plongé dans une matrice paradigmatique essentiellement orgiaque et résolument dépravée. Fort heureusement, comme des héros et des héroïnes, il y a des jeunes fils et filles du Cameroun, qui malgré cette atmosphère d’aliénation civilisationnelle, ont su faire montre d’une résilience à toutes épreuves et se sont armés des connaissances indispensables dans tous les domaines des savoirs ancestraux et étrangers.
Cette génération de héros et d’héroïnes que j’ai baptisée la « Génération de la Relève » et à laquelle j’ai l’honneur et le privilège d’appartenir, et pour cela j’en remercie grandement mes parents, Enseignants tous les deux, est désormais apte et prête à gouverner le Cameroun et à en faire, le moteur de la construction des États-Unis d’Afrique. Dans le choix de son successeur constitutionnel par la nomination du Vice-président de la République, Paul BIYA, n’a qu’une seule et unique alternative : soit il opte pour la continuité du néocolonialisme et choisit ainsi de condamner notre pays à la décrépitude, soit il opte pour la rupture systémique et choisit d’entrer dans l’histoire comme l’homme d’État qui a su faire primer les prochaines générations sur la sauvegarde des intérêts de ses proches et de son clan politique. Nous resterons donc attentifs. Le Cameroun n’est pas à la croisée des chemins, il a rendez-vous avec l’Histoire et doit désormais, choisir de s’y rendre ou de le manquer.