Visite du Pape Léon XIV : Jeune Afrique révèle les frictions, incidents et secrets d'un séjour historique

PAPE LEON 14 DOUALA 02 Image illustrative

Sat, 18 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Derrière les images de ferveur populaire, les sourires protocolaires et les discours de fraternité, la visite du Pape Léon XIV au Cameroun du 15 au 18 avril 2026 a été traversée de tensions, d'incidents et de négociations secrètes que Jeune Afrique révèle en exclusivité dans son édition du 17 avril. Un récit de coulisses qui dit autant sur l'état du Cameroun que sur la nature de cette visite apostolique historique.

Paul Biya «diminué» : Dion Ngute en première ligne à l'aéroport

La première révélation de Jeune Afrique est peut-être la plus lourde de signification politique. À l'arrivée du Souverain Pontife à l'aéroport de Yaoundé le 15 avril, ce n'est pas Paul Biya qui l'a accueilli en premier — mais le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, «mobilisé tardivement pour cette séquence protocolaire pour suppléer le chef de l'État, diminué par l'âge et des ennuis de santé», selon les termes mêmes du journal.

C'est la première fois qu'un média de la stature de Jeune Afrique formule aussi explicitement et publiquement l'état de santé dégradé du président camerounais. Le mot est lâché — «diminué» — et il ne sera pas effacé. Cette information, combinée à la délocalisation de la rencontre du Pape avec les autorités du Palais des Congrès au Palais de l'Unité — «répondant aussi à une exigence de sécurisation technique» mais permettant surtout à Paul Biya de ne pas se déplacer — dessine le portrait d'un Chef de l'État que son entourage s'efforce de protéger des efforts physiques que toute cérémonie officielle implique.

La guerre des services de sécurité

Autre révélation explosive de Jeune Afrique : les frictions sécuritaires qui ont émaillé la préparation de la visite. Le dispositif initial prévoyait que la sécurité vaticane assure la protection rapprochée du Pape, tandis que la Garde Présidentielle (GP), dirigée par Raymond Beko'o Abondo, assurait la sécurisation générale. Mais l'intégration tardive de la Direction de la Sécurité Présidentielle (DSP), conduite par Ivo Desancio, a provoqué une «reconfiguration de dernière minute» et des tensions entre les services.

Selon Jeune Afrique, c'est l'intervention personnelle du Ministre délégué à la Défense, Joseph Beti Assomo, qui a permis de «rétablir le dialogue et relancer la coopération». Derrière cette formule diplomatique se cache une réalité plus rugueuse : deux corps d'élite de la sécurité présidentielle camerounaise se sont disputé le premier rôle lors d'une visite d'État de premier ordre, au point de nécessiter une médiation ministérielle.

Ngoh Ngoh en colère, CRTV contre Camtel : la guerre du direct

L'incident le plus comique — et le plus révélateur — de cette visite papale est celui que Jeune Afrique relate avec une précision savoureuse. Lors du discours du Pape devant le corps diplomatique, «une interruption brève mais visible de la retransmission en direct» a provoqué l'irritation de Ferdinand Ngoh Ngoh, qui a exigé des explications.

S'en est suivie une guerre de communiqués entre la CRTV et Camtel. Le patron de la télévision d'État, Charles Ndongo, a présenté ses excuses publiques, imputant la panne à «l'indisponibilité de la fibre optique et une instabilité du réseau internet» — et renvoyant la balle à Camtel. La directrice de Camtel, Judith Yah Sunday, a rejeté cette version, affirmant qu'«aucune défaillance de ses infrastructures n'avait été constatée». Résultat : le Pape parlait de bien commun et d'examen de conscience — et deux entreprises publiques camerounaises se disputaient la responsabilité d'une coupure devant le monde entier.

Le Vatican avait souhaité un entretien long avec Paul Biya. Jeune Afrique révèle que «Yaoundé a préféré en limiter la durée» — une tension diplomatique discrète mais réelle entre le Saint-Siège et la présidence camerounaise.

Franck Biya rencontre le Pape : chaque apparition «alimente les interprétations»

Parmi les détails que Jeune Afrique juge suffisamment significatifs pour les mentionner : Franck Biya a rencontré le Souverain Pontife lors de l'étape yaoundéenne. Le journal note sobrement que «chaque apparition [de Franck Biya] alimente les interprétations» — et que depuis début avril, certains cercles de pouvoir le présentent comme le futur Vice-Président. L'intéressé, selon Jeune Afrique, assure que la campagne en sa faveur sur les réseaux sociaux «est même menée pour lui nuire». Une dénégation que le journal rapporte — sans forcément y croire.

Source: www.camerounweb.com