L'événement spirituel le plus important de l'année au Cameroun n'aura pas échappé aux opportunistes. En marge de la messe pontificale célébrée ce samedi par le Pape Léon XIV à la base aérienne 101 de Yaoundé — devant une foule immense de fidèles venus de tout le pays — un journaliste de Radio France Internationale (RFI) a été victime du vol de son téléphone portable au cœur même de la cérémonie. Un incident qui a rapidement tourné à la révélation d'un passé criminel international particulièrement éloquent.
Le suspect, identifié sous le nom de Rayan Ngatcha, alias «Alloman», a été rapidement appréhendé grâce à l'intervention des forces de l'ordre et à la mobilisation de nombreux témoins présents sur les lieux. Son interpellation a levé le voile sur un profil hors norme : selon plusieurs sources concordantes, ce natif de Nkonssamba serait un pickpocket professionnel de haut vol, dont les activités criminelles auraient prospéré pendant de longues années bien loin des frontières camerounaises.
Son terrain de prédilection ? Les lignes de métro 12 et 9 à Paris, où il aurait sévi pendant près de 25 ans, faisant des touristes et voyageurs parisiens ses victimes privilégiées. Un cauchemar ambulant dans les transports en commun de la capitale française, avant d'être finalement expulsé vers le Cameroun. De retour au pays, «Alloman» n'aurait visiblement pas renoncé à ses vieux réflexes — choisissant cette fois comme terrain de chasse la messe papale, l'événement le plus médiatisé et le plus fréquenté de l'année, où la densité de la foule offrait une couverture idéale à ses activités.
Voler un journaliste de RFI lors de la messe du Pape restera sans doute comme l'un des actes les plus audacieux — et les plus maladroits — de la petite histoire criminelle camerounaise de ces dernières années. «Alloman» est désormais entre les mains des autorités. La justice camerounaise lui réserve sans doute un accueil moins hospitalier que les quais du métro parisien.