Vice-Présidence : Jeune Afrique révèle qui tremble, qui complote et qui a tout à perdre à Yaoundé

Biya Demarche Etoudi Image illustrative

Tue, 21 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Depuis la promulgation de la Loi N°2026/002 le 14 avril par Paul Biya, une réalité s'impose avec une brutalité que Jeune Afrique documente dans une analyse exclusive publiée ce 21 avril : la création du poste de Vice-Président n'a pas apaisé les tensions au sommet de l'État camerounais. Elle les a décuplées. Car dans un système où le premier occupant du poste peut, en cas de vacance, récupérer le pouvoir et le verrouiller pour lui-même, chaque clan sait que laisser passer l'adversaire en premier, c'est peut-être ne jamais avoir une seconde chance. «Personne ne veut laisser passer l'autre en premier», résume un politologue cité par Jeune Afrique avec une concision qui dit tout.

Le premier grand perdant potentiel de cette réforme, Jeune Afrique l'identifie sans hésiter : Ferdinand Ngoh Ngoh. Le Secrétaire Général de la Présidence exerce depuis des années une «vice-présidence officieuse» — bénéficiant notamment d'une délégation de signature présidentielle exclusive qui lui confère un pouvoir réel sur l'ensemble de l'administration camerounaise. Or le texte promulgué prévoit explicitement que le Vice-Président pourra lui aussi bénéficier d'une telle délégation de signature. Ce qui était le monopole absolu de Ngoh Ngoh pourrait donc être partagé — ou confisqué.

Selon Jeune Afrique, la création de la vice-présidence est aussi lue par beaucoup dans les cercles du pouvoir comme une manière délibérée de «contrecarrer la toute-puissance du secrétariat général de la présidence, qui a le pas sur le gouvernement ces dernières années». Si cette lecture est exacte, Ngoh Ngoh ne vit pas seulement la menace d'un déclassement protocolaire — il vit la menace d'une neutralisation politique soigneusement orchestrée par ceux qui l'ont toujours considéré comme trop puissant.

Deuxième grande figure anxieuse dans ce jeu, selon les révélations de Jeune Afrique : la Première Dame Chantal Biya elle-même. Le journal révèle qu'elle «craint un vice-président qu'elle n'aurait pas approuvé et ne veut pas entendre parler d'une autre sphère de pouvoir que celle qui l'entoure à Yaoundé». Une position défensive qui dit l'étendue réelle de son influence — et ses limites. Car si elle «s'emploie à mettre en avant ses favoris et à sécuriser ses intérêts et ceux de sa famille», la décision finale appartient à Paul Biya. Et le Sphinx d'Etoudi, comme l'histoire l'a montré à de nombreuses reprises, ne dit jamais ce qu'il fait avant de le faire.

Jeune Afrique révèle par ailleurs un détail qui ajoute une couche supplémentaire à la complexité familiale de cette succession : le nom de Franck Hertz, fils de Chantal Biya, «revient régulièrement, l'intéressé ayant depuis quelques années ses habitudes à la présidence». Deux fils Biya dans la course — Franck Emmanuel d'un côté, Franck Hertz de l'autre — chacun porté par un clan familial distinct. Une division au cœur même de la famille présidentielle que le journal met en lumière avec une précision qui donne le vertige.

Le troisième grand perdant de cette réforme est peut-être le moins visible : le RDPC lui-même — le parti au pouvoir depuis 44 ans. Selon Jeune Afrique, le parti entretenait jusqu'ici l'idée que le successeur de Biya serait désigné «dans ses rangs et surtout, selon ses statuts, lors d'un congrès, avant une élection présidentielle». Cette voie statutaire — démocratique dans la forme, même si verrouillée dans les faits — ne semble plus privilégiée. La vice-présidence nommée court-circuite le parti, ses barons, ses procédures et ses ambitions. Paul Biya n'a pas besoin de l'aval du RDPC pour nommer son successeur constitutionnel. Il suffit d'un décret. Et dans ce Cameroun-là, un décret, c'est lui.

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