SCANDALE : Sorti du pavillon psychiatrique, Jacques Bertrand Mang accuse la police de torture et exige des sanctions

Jacques Bertrand Mang Cabral Libii Image illustrative

Wed, 22 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Il est sorti. Mais il n'a pas oublié. Après deux semaines d'internement forcé au pavillon psychiatrique de l'Hôpital Laquintinie de Douala, l'activiste Jacques Bertrand Mang a finalement recouvré la liberté. Et ses premières déclarations sont d'une gravité qui dépasse largement sa seule personne : il affirme avoir été victime de tortures physiques au sein du Commissariat de New Bell avant son transfert vers l'établissement psychiatrique — dénonçant une arrestation arbitraire et des sévices infligés directement par un commissaire. Des accusations explosives qui remettent sur la table une pratique particulièrement inquiétante : l'utilisation de l'internement psychiatrique sous escorte policière comme outil de neutralisation d'un activiste gênant.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Interpellé «manu militari» par des éléments de la police, Jacques Bertrand Mang dit avoir d'abord subi des violences physiques en garde à vue — avant d'être transféré non pas devant un juge, comme l'exige l'État de droit, mais dans un pavillon psychiatrique. Une séquence qui rappelle les méthodes des régimes autoritaires qui utilisaient historiquement la psychiatrie pour museler les opposants et faire taire les voix dérangeantes — en substituant le diagnostic médical à la procédure judiciaire, privant ainsi la victime de tout recours légal normal.

Loin de se taire après cette épreuve, l'activiste passe à l'offensive. Il interpelle directement le Délégué Général à la Sûreté Nationale (DGSN) pour exiger la radiation de ses tortionnaires — nommément le commissaire mis en cause — et annonce son intention de porter plainte pour les sévices subis. Une démarche courageuse dans un pays où les victimes de violences policières se heurtent souvent à l'omerta institutionnelle et aux pressions pour les faire taire. L'affaire provoque une vive émotion dans les milieux des droits humains et des organisations de défense des libertés — et pose avec une acuité renouvelée la question des conditions de détention dans les commissariats camerounais, du contrôle des pratiques policières et du recours abusif à l'internement psychiatrique comme instrument de répression politique déguisé en mesure sanitaire.

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