Kenneth Chungag a aussi été nommé commandant du groupe des forces spéciales de l’ADF
L’étau se resserre au tour des leaders sécessionnistes d’Ambazonie et leurs soutiens basés en occident. La rédaction de CamerouWeb vient d’apprendre l’arrestation de Kenneth Chungag, un major (infirmier) de l’armée américaine, pour avoir financé le terrorisme au Cameroun.
En effet, le FBI déclare disposer de communications issues de groupes WhatsApp qui permettent de mieux comprendre comment des fonds étaient collectés et comment des attaques contre des civils au Cameroun étaient planifiées. Kenneth Chungag avait déjà été interrogé par le FBI le 24 septembre 2024, le même jour que l’arrestation d’Ayaba Cho Lucas en Norvège. Son téléphone portable ainsi que d’autres appareils de communication avaient été saisis, ce qui montre qu’il savait que son arrestation était possible. Le même jour, Benedict Kuah et Pascal Kiki avaient également été interrogés par le FBI puis relâchés.
Selon une source sécuritaire, en avril 2022, Kenneth Chungag a été intégré au « conseil de guerre » de l’ADF (Ambazonia Defence Forces) et nommé « chef des opérations de défense ». Parmi les autres membres figuraient Benedict Kuah (arrêté aux États-Unis), Pascal Kiki (arrêté aux États-Unis), Ayaba Cho Lucas (arrêté en Norvège), Ndong Emmanuel alias Capo Daniel (susceptible d’être arrêté au Canada) et Asu Lucas (également susceptible d’être arrêté au Canada).
Kenneth Chungag a aussi été nommé commandant du groupe des forces spéciales de l’ADF dans la division de la Meme. Il aurait ordonné plusieurs attaques contre des civils, notamment à Bongo Square à Buea, et aurait célébré le massacre de Nancho Junction du 16 juillet 2023, au cours duquel 10 civils ont été tués par l’ADF.
Le 9 février 2024, évoquant le cas de la sénatrice Regina Mundi, enlevée puis libérée par des militants de l’ADF, Chungag a exprimé son soutien au ciblage des responsables politiques camerounais, déclarant : « J’aurais été le plus heureux de voir le D.O et la sénatrice Mundi parmi ceux exécutés. »
L’on apprend aussi que dans un groupe WhatsApp du « Conseil de coordination de guerre » de l’AGovC, Kenneth Chungag a soutenu l’idée de déguiser les forces de l’ADF en militaires de l’armée camerounaise pour mener des opérations visant des civils.
Il faut rappeler que Kenneth Chungag et Mercy Akwi Ombaku ont été arrêtés en avril 2026 après plusieurs années d’enquête du FBI. Selon l’acte sous serment du FBI, Chungag a apporté un soutien matériel, notamment financier, pour l’achat d’armes destinées aux groupes terroristes ambazoniens.
Mercy Akwi Ombaku, âgée de 38 ans, née au Cameroun et naturalisée américaine en 2019, réside à New Carrollton (Maryland) et travaille comme aide-soignante à domicile.
L’enquête révèle qu’entre janvier 2020 et au moins le 9 juillet 2025, Ombaku gérait la comptabilité, la collecte de fonds et le transfert d’argent depuis les États-Unis et d’autres pays vers le Cameroun et ailleurs, au profit de l’AGovC et de l’ADF, notamment pour financer l’achat d’armes et des attaques contre des civils camerounais.
Bien que son rôle officiel ait été trésorière de la mission américaine de l’AGovC, les preuves montrent qu’elle a également contribué en connaissance de cause aux activités violentes de l’ADF par ses services financiers. Elle semblait même gérer les finances globales de l’ADF/AGovC. Par exemple, dans des échanges privés du 2 novembre 2023, le président de l’AGovC l’a appelée « Madame la Trésorière » et lui a demandé de prendre en charge tout le département financier, ce qu’elle a refusé en évoquant un manque de soutien.
Dans ses fonctions, Ombaku collectait des fonds auprès de centaines de donateurs, redistribuait ces ressources aux membres de l’ADF, tenait des registres financiers, émettait des reçus et confirmait les contributions, tant aux États-Unis qu’à l’étranger. Elle utilisait des applications de transfert d’argent pour recevoir les dons, les stockait sur ses comptes bancaires, puis les transférait aux destinataires via un réseau d’intermédiaires aux États-Unis et à l’international, notamment vers le Cameroun.