Exclusif – Coup d'État de 1984 : Issa Tchiroma révèle que Marcel Niat Njifenji a tenté de se suicider après son arrestation

Niat Je Suis La Image illustrative

Fri, 24 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Exclusif – Coup d'État de 1984 : Issa Tchiroma révèle que Marcel Niat Njifenji a tenté de se suicider après son arrestation. Dans un extrait choc de son ouvrage « Un homme, une nation, un destin », le « président élu » raconte les conditions de détention effroyables de l'ancien président du Sénat à la Sécurité militaire (Semil). « Il passait ses journées les yeux dans le vague, comme absent, en état de choc. Il ne trouvait plus le sommeil. » Un témoignage glaçant.



Exclusif… ISSA TCHIROMA BAKARY REVELE QUE L’ANCIEN PRESIDENT DU SENAT NIAT NJIFENDJI A VOULU SE SUICIDER APRES LE COUP D’ETAT DE 1984.

Extrait des pages 49-50 et 51 de son ouvrage intitulé : « Issa Tchiroma Bakary, un homme, une nation, un destin ».

« Et je pris effectivement le chemin de Yaoundé, direction la Sécurité militaire la SEMIL1, passage obligé de tous ceux soupçonnés d’être impliqués dans l’organisation de ce coup d’État. L’étape obligatoire avant la prison. Les putschistes y étaient rassemblés dans une promiscuité insupportable. On me dépouilla de tout. Je franchis pieds nus le seuil d’une cellule obscure ; l’odeur était intenable, suffocante. On me boucla avec une vingtaine de malfrats, avant de les extraire de ma cellule au prétexte que j’étais d’une dangerosité extrême. Je restais deux jours, seul, debout prostré dans la pénombre, incapable de trouver le sommeil, sans boire, ni manger. Dans la cellule voisine se trouvaient de nombreux responsables et élites, tous fils du Septentrion. Je suppliais mes geôliers de m’enfermer avec eux. Je ne supportais plus cette solitude. Ils acceptèrent.

Là-bas, survivre était moins insupportable même si la promiscuité et l’insalubrité étaient indescriptibles. Nous étions une trentaine à dormir à même le sol. La faim nous tenaillait non-stop. Nous n’avions droit qu’à une petite boîte de sardine et à un morceau de pain par jour. Parmi nous se trouvait un homme au charisme certain, dont je ne m’expliquais pas la présence. L’un de mes codétenus, directeur de à la SOTUC1, Dakolé Daïssala, m’expliqua qu’il avait attenté à sa vie et, par la grâce de Dieu, sauvé de justesse. Il marchait à peine et avait beaucoup de difficultés à se nourrir. Sa vie ne tenait qu’à un fil. Il s’agissait de Marcel Niat Njifenji, directeur général de l’EDC2 avant d’être enfermé. Pour la petite histoire, il n’était ni du Nord, ni musulman. Il faisait partie de ces élites qui participaient à la gouvernance de la nation. Parti du pouvoir sans raison apparente, il s’était retrouvé précipité dans des bas-fonds destinés à recevoir des malfrats.

La promiscuité, la puanteur des corps, l’insalubrité, lui étaient intenables. Il passait ses journées les yeux dans le vague, comme absent, en état de choc. Il ne trouvait plus le sommeil ; je le sentais dériver de plus en plus loin. La torture, la privation des besoins les plus élémentaires et l’incompréhension étaient au bord de lui coûter la vie. Que pouvait-on lui reprocher, sinon sa grande proximité avec le pouvoir, mais en particulier avec Moussa Yaya, le missi dominici d’Ahidjo ? Ironie du sort, alors que ce dernier était en liberté, Marcel Niat avait été arrêté et soumis à des traitements inhumains. Assis de longues et interminables heures, les uns contre les autres, dans la pénombre d’un cachot insalubre et sans aération de la Sécurité militaire (Semil), le passage obligé avant la prison centrale de Kondengui, nous tentions de ne pas perdre pied en nous rappelant nos vies et notre liberté passée ».

Ainsi va la République

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