C’est un « véritable scandale » l’affaire du jeune Mengue Patrick déféré à Kondengui pour un commentaire déplacé. Son ami, Aristide Ayolo, plaide pour lui auprès du président de la République dans une lettre adressée à celui-ci.
À son Excellence le chef d’État, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les magistrats, juges et avocats, les hommes politiques et hommes de médias, je vous écris aujourd’hui avec une douleur sincère, mais aussi avec un profond respect pour les institutions que vous incarnez.
Cette lettre n’est pas un défi lancé à la justice. Elle est un appel à son humanité. Mengue Patrick est actuellement incarcéré à la prison centrale de Kondengui et serait accusé de faits graves, notamment de cybercriminalité et tentative de coup d'État. Mais derrière ces accusations, il y a un visage, une histoire, une vie. Et cette vie, je la connais.
Patrick est mon ami. Cela fait plus de huit ans que nous partageons nos quotidiens, nos espoirs, nos luttes. Nous avons grandi ensemble. Il connaît ma famille comme je connais la sienne. Nous avons construit des liens qui dépassent la simple camaraderie : ce sont des liens humains, profonds, sincères.
Je peux affirmer, avec toute la responsabilité que portent mes mots, que Patrick n’est ni un délinquant, ni un voleur, ni un individu animé par la violence gratuite. C’est un jeune homme brillant, réfléchi, respectueux, mais aussi profondément marqué par les réalités difficiles de notre génération.
Oui, Patrick est comme beaucoup d’entre nous : un jeune diplômé confronté à l’absence d’opportunités, à la précarité, à l’incertitude. Une jeunesse qui lutte chaque jour pour exister dignement. Une jeunesse qui espère, mais qui parfois s’épuise.
Et dans cet épuisement, il arrive que certains se perdent, qu’ils expriment leur frustration de manière maladroite, excessive, ou condamnable. Si Patrick a commis une erreur, alors que la justice fasse son travail. Mais que cette justice soit aussi mesurée, proportionnée et éclairée par le contexte humain.
Car punir sans comprendre, c’est risquer d’éteindre ce qui peut encore être sauvé. Patrick n’est pas un danger pour la société. Il est un produit de cette société, avec ses failles, ses injustices, ses silences. Et comme tout jeune, il mérite une seconde chance, une possibilité de se relever, de corriger, de contribuer autrement.
C’est pourquoi, avec humilité mais conviction, je vous adresse ce plaidoyer : accordez à Patrick Mengue une mesure de clémence. Offrez-lui la possibilité de retrouver sa famille, ses proches, ses repères. Permettez-lui de prouver que son avenir ne doit pas être scellé par une erreur. La justice grandit lorsqu’elle sait être ferme, mais aussi lorsqu’elle sait être juste dans toute la profondeur du terme : humaine.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ami qui vous écrit. C’est la voix d’une jeunesse qui demande à être comprise avant d’être condamnée.
Meyo Ayolo Aristide, entrepreneur culturel et auteur de la lettre, attend une réponse du gouvernement.