Ce n'est plus seulement une affaire de cybercriminalité et de diffamation. C'est désormais une bombe constitutionnelle qui menace d'exploser au cœur même du palais présidentiel. Dans une lettre de constitution signée ce 27 avril 2026 par Maître Rufin Mayang, avocat au Barreau du Cameroun, et déposée le 28 avril au Service Central des Recherches Judiciaires de la Gendarmerie Nationale à Yaoundé, Georges-Gilbert Baongla pose une condition préalable à toute comparution : un test ADN réalisé simultanément sur sa personne, sur le Président Paul Biya et sur Franck Emmanuel Biya, par des laboratoires de renommée internationale ou des universités occidentales.
La demande est formulée avec une précision juridique que son conseil a manifestement pesée mot à mot : «Monsieur Baongla Georges Gilbert exige qu'au préalable et ceci dans le souci d'une justice équitable, que les trois personnes visées ou supposées visées par les mêmes canaux — à savoir Son Excellence Monsieur le Président Paul Biya, Monsieur Franck Emmanuel Biya et enfin Monsieur Georges Gilbert Baongla — soient tous soumis à des tests ADN effectués par des laboratoires d'analyses médicales de renommée internationale ou même des universités occidentales.»
Notre client estime que ce préalable lèvera toute équivoque, précise Maître Mayang — avant tout débat devant les officiers de police judiciaire ou les tribunaux compétents. En d'autres termes : Baongla ne nie pas les accusations. Il dit : prouvons d'abord, par la science, qui est qui. Et pour ce faire, il exige que le Chef de l'État lui-même se soumette à un prélèvement génétique.
La notification irrégulière : un vice de procédure soulevé par la défense
Avant même d'en arriver à la question de l'ADN, Maître Mayang soulève un premier argument de défense potentiellement dévastateur pour la procédure en cours. Selon la lettre, la convocation aurait été «notifiée à «monsieur/madame Georges Gilbert Baongla domicilié(e) à Efoulan Pont» — alors que son client est domicilié à Yaoundé, certes, mais n'a jamais personnellement reçu ce document. La preuve ? L'accusé de réception qui circule sur les réseaux sociaux porterait une signature que la défense conteste.
L'avocat détaille avec précision l'emploi du temps de son client : Baongla avait «voyagé le 21 avril 2026 par vol CAMAIRCO de 8 heures pour Douala», et n'était rentré à Yaoundé que «le 25 avril 2026 tard dans la nuit» — soit après la date présumée de notification du 24 avril à 13h10. Son épouse avait quant à elle «quitté Yaoundé le 23 avril en soirée à destination de Paris». Et «ses deux gardiens n'ont reçu aucun document relatif à cette cause pendant toute son absence». Conclusion de la défense : «Il n'y a pas eu de notification de convocation au sens des articles 39 et 92 du Code de Procédure Pénale» — et donc «notre client est en droit de conclure qu'il n'a jamais été convoqué.»
La lettre ajoute un élément supplémentaire pour justifier l'impossibilité de comparaître immédiatement : Baongla «a déjà obtenu des rendez-vous auprès de ses médecins en hexagone pour raison de santé» et «ne pourra être disposé à se faire entendre que dans deux semaines, car ne disposant pas de toutes ses facultés physique, psychologique et mentale en ce moment». Un état de santé dégradé qui justifierait son départ imminent pour l'Europe — et qui, s'il est médicalement attesté, constituerait un motif de report légitimement opposable à toute contrainte judiciaire.
La lettre précise enfin que des copies seront adressées au Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, au Secrétaire d'État à la Défense en charge de la Gendarmerie Nationale, et au Procureur de la République près le TGI du Mfoundi à Yaoundé. Une stratégie de dissémination maximale qui transforme ce dossier — initialement une simple affaire de diffamation — en un dossier d'État aux ramifications potentiellement illimitées.