Alors que la formation du nouveau gouvernement se fait attendre, le poste de vice-président de la République cristallise toutes les tensions. Entre les proches de la Première Dame, emmenés par Ferdinand Ngoh Ngoh, et les fils de Paul Biya, dont Franck Biya, Louis Paul Motaze et Evou Mekou Dieudonné, l'arbitrage tarde. Oswald Baboké complète la liste des prétendants. Décryptage d'un bras de fer qui paralyse le sommet de l'État.
L'information : Le délai annoncé par Paul Biya pour la formation d'un nouveau gouvernement se prolonge. En coulisses, une raison majeure expliquerait cette attente : les discussions internes portant sur la désignation et l'attribution du poste de vice-président de la République. Selon la logique institutionnelle, cette nomination devrait précéder la composition du gouvernement, ce qui confère à ce processus une importance stratégique particulière.
Deux pôles d'influence : La configuration actuelle laisse apparaître deux pôles d'influence majeurs : le président de la République, détenteur de la prérogative constitutionnelle de nomination, et la Première Dame, Chantal Biya, dont l'influence, bien que non institutionnelle, est reconnue comme significative dans certains cercles décisionnels. Les personnalités pressenties se répartissent entre celles perçues comme proches du chef de l'État et celles considérées comme bénéficiant de la confiance de la Première Dame.
Le clan de la Première Dame : Au sein de ce second groupe, le nom du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, est régulièrement cité. À ses côtés, le directeur adjoint du cabinet civil, Oswald Baboké, figure également parmi les prétendants. Si le choix devait s'orienter vers ce cercle de personnes de confiance de la Première Dame, plusieurs observateurs estiment que Ngoh Ngoh pourrait être l'option privilégiée.
Les fils du président : La principale zone de tension se situe du côté des personnalités associées directement à Paul Biya. Plusieurs de ses fils sont évoqués. Parmi eux, Evou Mekou Dieudonné, dont le parcours professionnel reconnu à l'international est marqué par la discrétion et l'efficacité. Il n'est pas le seul : Louis Paul Motaze, actuel ministre des Finances, est également cité. Leurs ancrages familiaux et régionaux – l'un marié à une femme originaire de la Lekié, l'autre à une Nordiste – pourraient favoriser une forme de cohésion.
Franck Biya, l'héritier naturel ? Parallèlement, le fils officiellement et légalement reconnu, Franck Emmanuel Biya, est souvent présenté comme l'héritier naturel. Il fait l'objet d'une exposition médiatique accrue. Des tensions supposées entre lui et la Première Dame sont également évoquées, ce qui pourrait complexifier davantage le processus décisionnel.
Question ouverte : La désignation du futur vice-président s'orientera-t-elle vers une personnalité proche de la Première Dame ou vers un membre du cercle familial du président de la République ? Tant que cette décision n'aura pas été arrêtée, il est probable que la formation du gouvernement reste en attente.
Cinq noms en lice : Ferdinand Ngoh Ngoh, Franck Biya Emmanuel, Evou Mekou Dieudonné, Louis Paul Motaze, Oswald Baboké. Lequel des cinq deviendra vice-président du Cameroun ? L'arbitrage tarde, mais le suspens ne fait que commencer.