David Eboutou interpelle Biya : «Trouvez-nous un vice-président de 35 à 65 ans, et virez les visages détestés du gouvernement»

Biya Etat Chancellant Image illustrative

Sun, 3 May 2026 Source: www.camerounweb.com

Sur le plateau de Canal 2 International dans l'émission Canal Presse, le journaliste et analyste David Eboutou a livré deux interventions coup sur coup qui ont fait mouche — l'une sur le profil idéal du futur Vice-Président, l'autre sur l'urgence d'un remaniement gouvernemental que le pays attendrait avec une impatience teintée d'exaspération.

Sur la Vice-Présidence, Eboutou ne tourne pas autour du pot. Il fixe une fourchette d'âge précise : «35 à 65 ans, que le président aille dans cette fourchette-là pour nous trouver un homme consensuel.» Et pour illustrer pourquoi la jeunesse devrait être au cœur de ce choix, il convoque un exemple africain qui fait référence chez les moins de 40 ans : Ibrahim Traoré, le président du Burkina Faso. «J'ai suivi un vox pop récemment et on disait que le président le plus aimé par la jeunesse, c'est Ibrahim Traoré. Vous savez quel âge il a ? 37 ans. C'est mon cadet. Il est chef d'État. Et des témoignages disent que ce qu'il fait, c'est de l'inédit en termes de gouvernance.» Un signal clair envoyé à Paul Biya : la jeunesse camerounaise ne veut pas d'un Vice-Président vieillissant issu du même moule que les hommes qui gouvernent depuis des décennies.

Sur le gouvernement, Eboutou est encore plus direct — et ses mots sont d'une gravité politique réelle. «Dans le gouvernement que vous voyez, il y a tellement de figures qui sont détestées, connues dans l'opinion publique. Il y a des noms qui énervent, des noms que, si vous prononcez, vous pouvez être lapidé», dit-il, avant d'assener l'avertissement le plus sérieux de son intervention : «Les Camerounais sont même prêts à aller retirer leur soutien au président si ces visages sont reconduits.» Une phrase qui, dans la bouche d'un analyste qui se réclame du camp présidentiel, sonne comme un signal d'alarme adressé directement à Etoudi.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : des Biyaïstes qui disent au Chef de l'État que certains de ses propres ministres sont devenus un fardeau électoral et populaire. Que reconduire des «visages qui incarnent des administrations où rien ne marche» serait une faute politique majeure. Et qu'à l'heure où Paul Biya s'apprête à nommer son Vice-Président et à recomposer probablement son gouvernement, le choix des hommes sera aussi déterminant que le choix des institutions.

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