Entre absence et réclamation : le cas de conscience Moussa Njoya. Un homme peut-il réclamer des comptes à ceux qui ont accompagné la mère de son enfant jusqu'à son dernier souffle, alors que lui-même n'a jamais quitté la capitale pour se rendre à son chevet ? C'est la question que pose cette tribune au fils aîné du sultan des Bamoun, accusé de vouloir « jeter les enseignants à la vindicte populaire » après le décès de madame Abatsong Dimitria, enseignante vacataire à Ebolowa. « Revendiquer des comptes, sans reconnaître l'engagement humain de ceux qui ont été là, pose un réel problème moral. »
Moussa NJOYA un donneur de leçon par excellence qui veut jeter les enseignants à la vindicte populaire parce que ces derniers ont pris soin de la mère de son enfant jusqu'à son décès aujourd'hui il réclame l'argent collecté par collègues.
Vous avez eu un enfant avec une femme, enseignante vacataire de philosophie au lycée classique moderne d’Ebolowa madame Abatsong Dimitria paix à son âme. Lorsque celle-ci est tombée gravement malade et a été hospitalisée, vous n’avez jamais quitté Yaoundé pour vous rendre à son chevet.
La mère de votre enfant s’est retrouvée seule, sans soutien familial direct. Ce sont ses collègues, eux-mêmes enseignants, qui ont été présents du début à la fin, l’accompagnant jusqu’à son décès survenu après une seconde opération consécutive à une crise cardiaque.
Il est vrai que vous avez apporté un soutien financier à distance. Mais pensez-vous sincèrement que cela suffisait, au regard de la gravité de la situation ? Pendant toute la durée de la maladie, c’est une collègue de la défunte qui s’occupait de votre enfant.
Pourtant, après son décès, vous vous êtes empressé d’accuser ces mêmes personnes celles qui ont soutenu la mère de votre enfant de détournement des fonds collectés pour ses soins et ses obsèques. Vous êtes même allé jusqu’à solliciter une publication auprès de Paul Chouta, exposant ces enseignants et les livrant à la vindicte publique.
Ces derniers ont tenté d’apporter leur version des faits, mais en vain. Leur parole n’a pas été relayée. Fallait-il absolument faire tomber des têtes, au mépris de la vérité et de la reconnaissance due à ceux qui ont été présents ?
Monsieur Njoya, il y a des attitudes qui interrogent profondément. Revendiquer aujourd’hui des comptes, sans reconnaître l’engagement humain de ceux qui ont été là quand tout le monde manquait même vous-même, pose un réel problème moral.