Paul Biya pourrait être accusé de vouloir instaurer une monarchie au Cameroun
Le fils aîné du président de la République, Franck Biya est exposé aux critiques alors qu’il n’est qu’un successeur potentiel parmi d’autres. Paul Biya n’a pas l’habitude d’impliquer sa famille dans la gestion de l’État et son fils est resté à l’écart de la politique. Les soutiens affichés à Franck Biya seraient en réalité stratégiques, visant à le discréditer ou à influencer le président. Comme Paul Biya n’aime pas subir de pression ni rendre ses choix prévisibles, ces manœuvres pourraient le dissuader de nommer son fils vice-président.
FRANCK BIYA LIVRÉ À LA VINDICTE ALORS QU’IL N’EST QU’UN POTENTIEL SUCCESSEUR COMME LES AUTRES.
D’abord, il n’est pas interdit que Biya choisisse son fils Franck pour en faire le vice-président dont tout le monde attend la nomination.
Mais connaissant l’homme, il peut aussi bien ne pas céder à ce choix somme toute facile.
Tout le monde l’a en effet constaté que Biya mêle très peu ou pas du tout sa famille nucléaire à la gestion des affaires publiques. Des cas du genre sont rares dans le jalon de ses 40 années de magistère.
Qui plus est, Franck Biya lui s’est particulièrement consacré à ses affaires privées, loin, très loin des joutes politiques pour ne pas se griser dans ces ambiances de luttes épiques ou parfois tous les coups sont permis.
D’où vient-Il donc que son nom soit cité à toutes les sauces depuis que Paul BIYA a décidé de modifier la constitution pour y introduire le poste de vice-président ?
Ma réponse est simple :
Ces gens qui sortent (y compris du RDPC) pour prétendre apporter leurs soutiens à Franck Biya, le font d’abord pour le griller, voici mes raisons.
Ce qui est certain, c’est que par cette réforme constitutionnelle, la succession va se jouer dans le sérail.
Dans l’hypothèse où Paul Biya songerait à désigner Franck Biya:
Ces gens savent bien que si Biya a horreur de quelque chose, c’est que ses choix soient lisibles ou dictés.
Que des gens militent à solliciter Franck Biya, contribue à exercer sur lui comme une espèce de pression, toute chose qui pourrait le pousser à résister à cette tentation.
Autre chose, il pourrait être accusé de vouloir instaurer une monarchie au Cameroun alors que pas très loin de nous, de tels attelages ont tenus.
Face à ces contradictions, le président pourrait ne nommer personne afin de laisser le sérail arbitrer le moment venu.
Dans ces contradictions, Franck Biya deviendrait un successeur comme tous les autres, avec certes des faveurs tenant à son nom, mais qui pourrait ne pas aussi être choisi.
Léonide Mfoum