Existe-t-il un autre nom que l'abus d'autorité pour qualifier le comportement de Tabi Chu Agbor ? La négative s'y prête le plus. L'autorité y est allée très inhumainement comme le raconte N'zui Manto.
À Galim dans les Bamboutos, le sous-préfet Tabi Chu Agbor, anglophone, s'installe dans un bar, propriété d'un anglophone ayant fui la guerre. Avec ses amis, le sous-préfet boit plusieurs bouteilles de bière puis s'en vont.
À 18 heures, le chef de terre et ses hommes reviennent sur les lieux une deuxième fois et exigent une table, ce qui est immédiatement fait. Il est 21 heures lorsque le sous-préfet affirme que les chansons qui sont jouées dans le bar ne sont pas bonnes à lui. Les chansons-là l'énervent.
Le chef de terre exige qu'on change cela et très vite. La gérante, fille du propriétaire, s'exécute, mais à chaque nouvelle chanson, Tabi Chu Agbor manifeste sa colère et finit par demander à voir les papiers du bar.
Le propriétaire du bar se présente, boitant de la jambe à cause d'un problème de santé, essaie de s'appuyer sur la table du sous-préfet, mais ce dernier fou de rage le lui interdit. La situation se tend très vite et le chef de terre accuse l'homme malade de lui avoir manqué du respect, d'avoir défié les institutions de la République.
Le sous-préfet refuse de payer sa consommation, expulse tous les clients du bar et ordonne à ses gendarmes buvant avec lui de fermer le bar séance tenante. Ce qui est fait à la seconde malgré tous les papiers de l'établissement présentés.
Le sous-préfet Tabi Chu Agbor quitte les lieux emportant avec lui la carte d'identité de l'homme malade chez qui il venait de boire gratuitement les bières.