Accusé à tort d'un vol de 400 millions FCFA, un maître d'hôtel dit avoir été séquestré par son patron, le puissant Directeur des Aéroports du Cameroun. Derrière le voile du scandale financier, c'est la question des abus d'autorité et du bafouement des droits fondamentaux qui se pose. L'employé de maison, qui clame son innocence, a déposé plainte pour séquestration arbitraire et dénonciation calomnieuse. Son employeur, Thomas Owona Assoumou, conteste-t-il ? Silence radio pour l'instant. L'affaire pourrait faire trembler la haute administration camerounaise.
VOL PRÉSUMÉ DE 400 MILLIONS FCFA CHEZ LE DIRECTEUR DES AÉROPORTS DU CAMEROUN : SON MAÎTRE D’HÔTEL LE TRAÎNE EN JUSTICE POUR SÉQUESTRATION ET DÉNONCIATION CALOMNIEUSE
Une affaire aux allures de scandale secoue actuellement les coulisses du pouvoir administratif camerounais. À la suite d’un présumé vol de 400 millions de francs CFA en espèces hein, CASH, 400 bâtons en billets de banque au domicile d’un haut responsable des Aéroports du Cameroun, en la personne du Directeur Général, un employé de maison accuse son patron de séquestration arbitraire, d’intimidations et de dénonciation calomnieuse.
Selon les déclarations contenues dans sa plainte, le plaignant affirme être maître d’hôtel au domicile de Monsieur Owona Assoumou.
L’employé explique que l’épouse du responsable, vivant en France, l’aurait interpellé après la disparition d’une importante somme d’argent estimée, selon les déclarations de la famille, à environ 400 millions de francs CFA.
Toujours selon le récit du plaignant, les soupçons se seraient rapidement portés sur lui après que Madame aurait demandé pourquoi les caméras de surveillance du domicile avaient été déconnectées.
À cette question, le maître d’hôtel affirme avoir répondu que les caméras étaient régulièrement désactivées par son employeur lui-même lorsqu’il recevait des maîtresses au domicile conjugal.
Une révélation particulièrement sensible qui ajoute une dimension explosive à cette affaire déjà très embarrassante.
Le plaignant soutient également que, malgré ses dénégations constantes, Monsieur Owona Assoumou l’aurait séquestré à son domicile pendant deux jours, du 27 au 28 avril 2026, avant de le faire transférer dans les locaux du GSO dirigé, selon lui, par une relation proche du responsable.
Il affirme y avoir été maintenu jusqu’au 1er mai 2026, subissant intimidations et pressions psychologiques afin de lui faire reconnaître les faits.
L’employé assure être resté constant durant toute cette période, répétant qu’il ne savait rien de ce vol présumé. Il souligne par ailleurs qu’une nounou chargée de s’occuper d’un enfant autiste au domicile aurait disparu après les faits, élément qui, selon lui, mériterait également d’être examiné dans l’enquête.
Dans sa plainte, le maître d’hôtel estime que les faits dont il se dit victime sont constitutifs des infractions d’arrestation et séquestration arbitraire ainsi que de dénonciation calomnieuse, prévues et réprimées par les articles 74, 291 et 304 du Code pénal camerounais.
Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur les méthodes parfois utilisées dans certains cercles de pouvoir lorsqu’un scandale éclate. Car au-delà du supposé vol des 400 millions, c’est désormais la question du respect des droits fondamentaux et des abus d’autorité qui se retrouve au centre du débat.
Si les faits allégués venaient à être confirmés par la justice, cette affaire pourrait provoquer un véritable séisme judiciaire et médiatique autour de ce haut responsable public.