Affaire du vol des 400 millions chez Owona Assoumou : Vers une enquête du Tribunal Criminel Spécial

Thomas Owono Assoumou Le témoignage du maître d'hôtel ne se contente pas de dénoncer sa détention

Thu, 7 May 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon une plainte déposée le 5 mai 2026, 400 millions de FCFA en liquide auraient été volés au domicile directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC), Thomas Owona Assoumou. L’affaire suscite surtout des interrogations sur l’origine des 400 millions de FCFA conservés en espèces chez un haut fonctionnaire. Cette situation soulève des questions d’éthique, de transparence financière et de possible corruption ou détournement de fonds. Des copies de la plainte ont été transmises à plusieurs hautes autorités judiciaires et sécuritaires, ouvrant la possibilité d’une enquête du Tribunal Criminel Spécial sur l’origine des fonds et les responsabilités éventuelles du DG des ADC.

C’est un véritable scandale qui implique directement le DG des Aéroports du Cameroun (ADC) : 400 millions en liquide ont été emportés au domicile de Thomas Owona Assoumou.

Une plainte déposée le 5 mai 2026 auprès du Directeur de la Police Judiciaire lève le voile sur une affaire rocambolesque mêlant séquestration, vol présumé et, surtout, une détention de fonds publics ou privés qui interrogent : comment un haut fonctionnaire peut-il conserver 400 millions de FCFA en liquide à son domicile ?

Tout commence le 28 avril 2026. Monsieur Owona Assoumou Thomas, Directeur Général des Aéroports du Cameroun (ADC), constate la disparition d’une somme vertigineuse : 400 000 000 (quatre cents millions) de FCFA. Selon la plainte déposée par son maître d’hôtel, M. Aimé, ce dernier aurait été séquestré pendant deux jours au domicile du DG, avant d’être transféré manu militari vers une unité du GSO.

Le plaignant, qui nie fermement le vol, évoque une atmosphère de paranoïa au sein de la résidence. Il pointe du doigt la fuite d’une nounou juste après le prétendu vol et révèle des détails croustillants sur la désactivation des caméras de surveillance, souvent déconnectées pour des raisons d’ordre privé.

L’interrogation de trop : D'où viennent ces 400 millions ?

Au-delà de l'aspect judiciaire lié à la plainte pour "arrestation et séquestration arbitraire", c'est le montant évoqué qui provoque l'indignation.

• L'éthique du fonctionnaire : Comment un cadre de l'administration, fût-il Directeur Général d'une entreprise publique, peut-il détenir une telle fortune "sous le matelas" ?

• La violation des règles financières : À l’heure où l’État camerounais lutte pour la bancarisation des flux et la transparence financière, la présence de 400 millions de FCFA en espèces dans un domicile privé est une insulte aux procédures de lutte contre le blanchiment d'argent.

• L'origine des fonds : S’agit-il d’économies personnelles (ce qui semble improbable au regard des grilles salariales de la fonction publique) ou de fonds issus de la gestion des ADC ?

"La détention d'une telle somme à domicile n'est pas seulement un risque sécuritaire, c'est un aveu de mépris pour les institutions bancaires et un signal d'alerte majeur pour les autorités anti-corruption."

Une affaire de mœurs et de pouvoir

Le témoignage du maître d'hôtel ne se contente pas de dénoncer sa détention. Il expose une gestion domestique chaotique où le pouvoir hiérarchique semble s'être substitué à la loi. L'implication d'une unité d'élite (GSO) pour une affaire privée de vol au domicile d'un haut commis de l'État pose une nouvelle fois la question de l'instrumentalisation des forces de l'ordre par les puissants du régime.

Vers une enquête du Tribunal Criminel Spécial (TCS) ?

Le plaignant n'a pas fait dans la demi-mesure. Des copies de sa plainte ont été adressées au Procureur Général près le Tribunal Criminel Spécial, au Directeur de la DGRE et au Délégué Général à la Sûreté Nationale.

Si la justice décide de s'auto-saisir du volet financier, M. Owona Assoumou pourrait bien passer du statut de victime de vol à celui d'accusé devant rendre des comptes sur la provenance de ce "trésor" de 400 millions. Dans un pays où la majorité des citoyens peine à joindre les deux bouts, cette affaire pourrait être l'étincelle d'un nouveau scandale de corruption.

Paul Chouta

Source: www.camerounweb.com