Le décès de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril est un coup dur derrière la tête du pays. L'homme est un grand visage, même s'il avait des détracteurs. Yéguié, c'est aussi l'exemple qu'on peut réussir sans gros diplômes, une conviction devenue forte pour Andre Biboum. Un compatriote, surnommé la voix de celui qui crie dans le désert, retrace l’intervention de Biboum et le contexte.
C’était dans l'émission « Le debrief de l’actu » sur Canal 2 International. Invité de l’émission, André Biboum a livré un vibrant hommage à Cavayé Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale. Une déclaration qui fait réagir sur les réseaux sociaux.
1. « J’ai eu beaucoup d’admiration pour Cavayé Yéguié Djibril ». Face au journaliste, André Biboum n’a pas caché son respect pour le parcours du patron de la Chambre basse du parlement. « Déjà, parti de son cursus scolaire, j’ai été très impressionné d’imaginer un instituteur d’EPS arriver au perchoir comme président de l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré.
Pour Biboum, l’histoire de Cavayé Yéguié Djibril casse les codes. « Voilà quelqu’un qui a démontré qu’on peut réussir à se hisser très haut sans toutefois se dire qu’il faille avoir de gros diplômes dans ce monde ».
2. Le pouvoir de croire en son potentiel. Pourquoi cet hommage ? André Biboum l’explique : « Parce qu’il a d’abord cru en son potentiel ». Un message fort adressé à la jeunesse. Loin du débat sur la méritocratie académique, Biboum salue la force de caractère, la résilience et la vision.
Cavayé Yéguié Djibril, instituteur de formation, est entré en politique dans les années 1970. Député depuis 1973, il occupe le perchoir de l’Assemblée nationale depuis 1992. Un record de longévité : 34 ans à la tête de l’institution. Parti de Tokombéré, dans l’Extrême-Nord, il est devenu la 2e, plus la 3ᵉ personnalité de l’État.
3. Un modèle qui divise et inspire. Sur les réseaux sociaux, l’extrait de Canal 2 tourne en boucle. Les internautes saluent « une leçon d’humilité » et « une ode à l’école de la vie ». D’autres rappellent l’importance des diplômes dans la gouvernance moderne.
Pour André Biboum, le débat n’est pas là. « Il ne s’agit pas d’opposer les diplômés aux non-diplômés. Il s’agit de montrer que le Cameroun a besoin de tous les talents. Le potentiel, le travail et la constance peuvent vous mener au sommet ».
4. Le contexte : valoriser tous les parcours. Cette sortie intervient alors que le Cameroun débat sur l’employabilité des jeunes et la valorisation de la formation professionnelle. Le parcours de Cavayé Yéguié Djibril, souvent cité en exemple dans l’Extrême-Nord, rappelle qu’un instituteur peut devenir un homme d’État.
André Biboum, lui-même acteur politique, conclut : « Dans une entreprise comme dans un pays, il faut des Centraliens et des hommes de terrain. Le plus important, c’est de croire en ce qu’on fait ».