C'est la révélation la plus explosive de l'enquête exclusive que Jeune Afrique publie ce 13 mai 2026 sur le mystère de la Vice-Présidence camerounaise. Derrière le silence qui s'étire depuis la promulgation de la loi constitutionnelle le 14 avril, il y aurait non pas une indécision de Paul Biya — mais une annonce avortée. Une nomination de Franck Biya prête à être diffusée. Un communiqué transmis à la CRTV. Et une intervention de dernière minute de la Première Dame Chantal Biya qui a tout stoppé.
Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, la stratégie était précisément planifiée. «Il était prévu que Franck Biya soit nommé immédiatement après la promulgation du décret en avril et que son premier grand acte officiel soit l'accueil du pape», confie au journal l'un de ses proches. «C'est lui qui devait accompagner Léon XIV lors de sa visite au Cameroun, dans le cadre d'une stratégie soigneusement pensée pour l'exposer progressivement sur la scène publique.»
Le tableau était parfait : un Vice-Président fraîchement nommé, accueillant le Pape devant les caméras du monde entier, dans un bain de lumière médiatique internationale. Une entrée en scène calculée, spectaculaire, validée par la présence pontificale. Mais cette entrée n'a jamais eu lieu. Et Jeune Afrique révèle pourquoi.
La révélation qui restera dans les mémoires de ce scoop de Jeune Afrique est d'une précision chirurgicale. Selon les sources du journal à la présidence de la République, «le texte de promulgation de l'instauration de la vice-présidence — qui devait être suivi de la nomination — était prêt à être transmis à la CRTV». Le communiqué annonçant la nomination de Franck Biya comme Vice-Président était écrit, validé, prêt à être lu sur les ondes de la radiotélévision nationale.
Et puis, selon Jeune Afrique : «La CRTV a annulé en urgence la diffusion du communiqué, diffusant à la place un curieux fond musical.» Ce fond musical — que des milliers de téléspectateurs camerounais ont entendu sans comprendre ce qu'il signifiait — était en réalité le son du vide laissé par une annonce avortée. Une interruption de programme qui, désormais, prend un tout autre sens.
Qui a appuyé sur le bouton d'arrêt ? Jeune Afrique est sans ambiguïté : «Une intervention de Chantal Biya» est la cause directe de ce blocage. La Première Dame, selon les sources du journal à la présidence, «bloquerait toute nomination qu'elle estimerait lui être défavorable». Et la nomination de Franck Biya — fils de Jeanne-Irène Biya, première épouse de Paul Biya décédée en 1992 — lui serait précisément défavorable.
Car Jeune Afrique révèle que le nom de Franck Hertz, fils biologique de Chantal Biya, «est venu s'ajouter à la liste des prétendus favoris». La guerre des fils se joue donc au sommet absolu de l'État — entre deux héritiers portant des noms de Franck, issus de deux mères différentes, soutenus par deux camps différents. Et Chantal Biya, «présidente de l'ombre» comme l'avait qualifiée Jeune Afrique dans une précédente enquête, aurait utilisé son influence pour empêcher que le fils de sa rivale posthume ne prenne une longueur d'avance irréversible.
Un proche de la famille confirme : pas de transition intermédiaire
Un autre élément révélé par Jeune Afrique mérite attention. Un proche de la famille présidentielle confie au journal : «Je n'ai jamais été favorable à une transition intermédiaire, que je considère comme risquée. Paul Biya doit directement désigner son véritable successeur.» Cette position — qui écarte l'hypothèse d'un Vice-Président de «transit» avant le «vrai» successeur — confirme que dans les cercles les plus intimes d'Etoudi, la nomination du Vice-Président est perçue comme la désignation directe du prochain président du Cameroun. Ce qui explique pourquoi chaque clan se bat avec une telle intensité.