La cérémonie a vu la présence effective des hautes personnalités d'État
Décédé ce 13 mai 2026, l’ancien colonel de haut rang de la Gendarmerie, Kalkaba Malboum, a été inhumé quelques heures après son décès au cimetière musulman de Nkolfoupou, dans la subdivision de Mefou et Afamba, dans la région du Centre.
Cette cérémonie d'inhumation a vu la présence effective des hautes personnalités d'État, venus lui dire au-revoir pour une dernière fois.
Porté disparu depuis des semaines de ses bureaux de Nkol- Eton et absent de la cérémonie d’inauguration de l’immeuble siège, le colonel Hamad Kalkaba Malboum, à la tête du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun depuis 28 ans, décède à l’âge de 76 ans.
"Le 𝗖𝗼𝗹𝗼𝗻𝗲𝗹 𝗛𝗮𝗺𝗮𝗱 𝗞𝗔𝗟𝗞𝗔𝗕𝗔 𝗠𝗔𝗟𝗕𝗢𝗨𝗠,
Officier Supérieur de Gendarmerie à la retraite,
Haut Responsable du Mouvement Sportif camerounais et africain,
a tiré sa révérence ce jour, 13 mai 2026, à Yaoundé.
En cette triste circonstance, la Grande Famille des Pandores adresse ses sincères condoléances à la famille éplorée du défunt, ainsi qu’à ses proches et connaissances.
Son engagement et son sens du devoir demeurent une source d’inspiration.
Que son âme repose en paix !" , a déclaré la Gendarmerie nationale camerounaise dans un communiqué officiel.
Avec le décès du Colonel Hamad Kalkaba Malboum, c’est un destin exceptionnel qui s’achève, celui d’un homme qui aura porté très haut les couleurs de son pays, aussi bien dans l’armée, dans le sport, que dans un domaine plus discret mais tout aussi remarquable : la musique.
Né le 11 novembre 1950 à Kawadji, près de Kousséri, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, Hamad Kalkaba Malboum incarnait cette génération d’hommes bâtis par l’effort, la discipline et l’audace.
Parti de son petit village natal, il a su, à force de travail, d’esprit d’innovation et d’une volonté hors du commun, poursuivre avec succès ses deux grandes passions : le service de la nation et la culture.
Sa carrière militaire l’a conduit jusqu’au grade de Colonel au sein de l’armée camerounaise. Parallèlement, il s’est imposé comme l’un des plus grands dirigeants sportifs africains de son époque. Président du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun depuis 1998, président de la Confédération Africaine d’Athlétisme, puis vice-président de l’Association Internationale des Fédérations d’Athlétisme (devenue aujourd’hui World Athletics ) il aura contribué au rayonnement du sport camerounais et africain sur les plus grandes scènes internationales.
Derrière l’homme d’institutions et de responsabilités vivait aussi un artiste passionné, une facette moins connue du grand public, mais pourtant essentielle pour comprendre l’homme qu’il était.
Dans les années 1970, alors que souffle un vent de modernité sur les musiques africaines, Hamad Kalkaba Malboum participe à une aventure musicale avant-gardiste aux côtés de musiciens tels que Ze Bella, Elamau ou André Destin Ndenga au sein du mythique groupe The Golden Sounds.
Ensemble, ils entreprennent un travail audacieux : moderniser les rythmes traditionnels camerounais grâce aux synthétiseurs, aux guitares électriques et aux boîtes à rythmes, tout en restant profondément enracinés dans les identités culturelles de leurs régions respectives.
Hamad Kalkaba excelle alors dans l’exploration des sonorités du Nord-Cameroun. Dès 1971, le groupe sort le 45 tours Nord-Cameroun Rhythms, avec notamment les titres Lamido et Astadjam Dada Sare, composés par lui.
D’autres chansons comme Touflé ou Fou Sé Allah témoignent également de cette créativité rare, mêlant traditions sahéliennes, rythmes populaires et modernité musicale.
Des décennies plus tard, en 2017, le label Analog Africa redonne vie à cette œuvre en rééditant Hamad Kalkaba and The Golden Sounds 1974-1975, permettant à une nouvelle génération de découvrir la richesse artistique de cet homme que beaucoup ne connaissaient qu’à travers ses fonctions officielles.
Aujourd’hui, en lui rendant hommage, il est important de se souvenir non seulement du haut responsable sportif et du militaire respecté, mais aussi du musicien visionnaire qu’il fut.
Son parcours est celui d’un fils du Sahel qui, sans jamais renier son identité, aura su faire dialoguer tradition et modernité, engagement et créativité, discipline et art.
Que sa mémoire demeure vivante.
Et que ses œuvres, dans les stades comme dans les mélodies, continuent de résonner longtemps encore.
L’oubli est la ruse du diable!
Arol KETCH