Dans des centaines d'établissements du triangle national, le constat est accablant : des milliers de BEPC, Probatoires et Baccalauréats attendent leurs propriétaires, certains depuis plus de 20 ans. L'Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) l'a récemment confirmé : près d'un million de diplômes ne sont jamais récupérés.
Un record systémique qui transforme nos établissements en entrepôts de papier jaunissant, menacés par l'humidité et les insectes. Mais pourquoi les lauréats ne reviennent-ils pas ? Plusieurs freins expliquent ce désintérêt prolongé : l'éloignement géographique : Une fois le BAC en poche, la vie emporte les jeunes vers l'université ou à l'étranger. La rigidité administrative : L'OBC exige un retrait en personne.
Pour la diaspora (Paris, Bruxelles, Montréal), obtenir une procuration en ambassade est un véritable parcours du combattant. Il y a aussi la barrière financière. En effet, depuis janvier 2026, une pénalité de 25 000 francs CFA est appliquée pour tout retrait tardif d'anciennes sessions. Une somme qui, pour beaucoup de chercheurs d'emploi, représente un obstacle de plus.
Le drame se joue souvent lors d'un recrutement ou d'un concours administratif. Sans l'original, le dossier est rejeté. Or, un diplôme est un document unique. En cas de détérioration dans les archives (papier devenu illisible), obtenir un duplicata reste une procédure complexe et incertaine.
Face à cette saturation, les autorités éducatives multiplient les appels à la sensibilisation. Cependant, de nombreux observateurs préconisent désormais la numérisation systématique des archives nationales ; la simplification des procédures pour les Camerounais de l'étranger ; une réflexion sur la suppression des pénalités pour encourager le désengorgement des lycées.