Derrière le faste du 20 mai, la crise anglophone reste à vif. Jeune Afrique lève le voile sur les coulisses d’un pouvoir qui n’a toujours pas engagé de négociations structurelles, malgré les pressions internationales et l’émotion suscitée par le passage du pape Léon XIV.
Un an après le « Grand dialogue national », le Cameroun semble piétiner. Telle est la conclusion alarmante d’une analyse exclusive de Jeune Afrique, qui dévoile les coulisses d’une présidence silencieuse face à la crise des régions anglophones.
Selon Jeune Afrique, Paul Biya, très attendu ce 20 mai sur l’esplanade de Yaoundé, n’a pris aucune initiative de négociation politique structurée avec les leaders séparatistes. Ces derniers, rappelle l’hebdomadaire, sont pour la plupart emprisonnés à Yaoundé ou contraints à l’exil.
L’article original de Jeune Afrique révèle que la récente visite du pape Léon XIV à Bamenda avait suscité un véritable espoir de normalisation. Le souverain pontife avait obtenu un cessez-le-feu temporaire, et les exactions avaient chuté pendant cette période. Pourtant, Jeune Afrique constate que cet apaisement n’a pas survécu à l’approche du 20 mai.
L’enquête de Jeune Afrique montre aussi que les autorités religieuses locales, comme l’archevêque Andrew Nkea, appellent en vain à la paix. Lors d’une messe spéciale le 17 mai, ce dernier a exhorté les Camerounais à devenir des « ambassadeurs de paix ». Mais Jeune Afrique note que cet appel se heurte à une réalité politique bloquée.
Chiffres exclusifs (source : rapport ONU consulté par Jeune Afrique) : au moins 6 000 morts depuis 2017 et près de 493 000 déplacés internes dans les seules régions anglophones. Le contraste est frappant entre le discours unitaire du 20 mai et la fragmentation vécue par des milliers de familles.