À 93 ans, le président Paul Biya a une nouvelle fois présidé le défilé du 20 mai à Yaoundé. Mais son apparence physique et sa gestuelle, captées par les caméras, alimentent les critiques sur les réseaux sociaux. Entre fatigue apparente et absence toujours non pourvues de vice-président, la question de sa capacité à poursuivre son mandat est posée avec une acuité renouvelée.
Ce matin, sur le boulevard du 20 mai, Paul Biya a assisté au traditionnel défilé civil et militaire marquant la 54ᵉ Fête nationale de l'Unité. Âgé de 93 ans, le président camerounais est apparu plus frêle que les années précédentes, selon plusieurs observateurs présents sur place.
Très vite, des images circulant sur la toile ont attiré l'attention. On y voit le chef de l'État, vêtu de son costume sombre, paraissant peiner à tenir sa posture tout au long de la cérémonie. Des séquences, prises à distance par des téléphones portables, montrent un Paul Biya affaibli, le regard parfois fixe, les gestes ralentis.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives. Un internaute écrit : « C’est le poids de l’âge. À 93 ans, Paul Biya ne tient plus vraiment. Sa présence lors du défilé est assez symptomatique. » Un autre va plus loin : « Les images relancent le débat sur son âge et sur sa capacité à durer encore au pouvoir, surtout qu’il peine à nommer un vice-président. »
Un lanceur d’alerte s’exprime
Un compte prétendant relayer un « lanceur d’alerte » a publié ce message, rapidement devenu viral : « P@uvre BIYA. Le temps s’en charge de toi. Tu es maintenant obligé de porter les Mephisto. » Une allusion à des chaussures orthopédiques ou de confort, interprétée par certains comme un signe de la dégradation de son état de santé.
Ces allégations, non vérifiées, n’ont reçu pour l’instant aucun démenti officiel de la part de la présidence.
L’absence de vice-président, un sujet qui fâche
Depuis plusieurs mois, l’opposition et une partie de la société civile réclament la nomination d’un vice-président, prévue par la Constitution camerounaise mais jamais appliquée. Avec l’âge avancé de Paul Biya et l’absence de successeur désigné, ce vide institutionnel inquiète de plus en plus.
« Comment expliquer qu’à 93 ans, il n’y ait toujours aucune disposition pour assurer une transition ordonnée ? », s’interroge un éditorialiste camerounais. Le défilé de ce 20 mai n’a fait que raviver cette interrogation.
Comme souvent, le chef de l’État n’a fait aucun commentaire après la cérémonie. Pas de déclaration à la presse, pas de message complémentaire après son tweet matinal de vœux. Seule la CRTV a diffusé les séquences officielles, sans mentionner les controverses.
En ce 20 mai 2026, le Cameroun a célébré l’unité nationale. Mais derrière les drapeaux et les uniformes, une question tenace demeure : jusqu’à quand Paul Biya pourra-t-il assumer la plénitude de ses fonctions ? Les images de ce matin, qu’elles soient interprétées comme le signe d’une simple fatigue passagère ou d’un déclin plus profond, ont au moins eu le mérite de remettre cette question sur le devant de la scène.