Le 20 mai est connu comme étant un jour de fête. C'est la date à laquelle le Cameroun célèbre sa fête nationale encore appelée la fête de l'unité. C'est donc un jour férié, chômé et payé sur l'étendue du territoire, une journée qui commémore le référendum constitutionnel du 20 mai 1972 qui a transformé le pays en un État unitaire. À cette occasion, la présence de Paul Biya est nécessaire sur la place publique où se déroule le défilé militaire et civil et sont reçues des salutations distinguées. L'édition 2026 a été marquée par un fait curieux, l'apparence de Paul Biya.
Le visage, le look et l'allure de Paul Biya constatés ce jour à Yaoundé apportent de l'eau au moulin des observateurs qui disaient déjà que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, utilisait une autre personne à la place de Paul Biya lors des événements publics, le "vrai" Paul Biya étant lui-même soit déjà décédé, soit très fatigué et incapable de marcher, de tenir debout ou de prononcer le moindre discours.
En fait, aucune preuve matérielle ou crédible n'a jamais étayé la rumeur selon laquelle le régime en place utiliserait un sosie de Paul Biya. C'est une théorie alimentée beaucoup plus par les détracteurs du parti et les observateurs qui reprochent au président sa longévité au pouvoir et ses longs séjours en Europe.
Avec la nouvelle apparition publique de Paul Biya ce 20 mai, le mystère demeure entier. A-t-il vraiment un sosie officiel qui le représente valablement comme on le voit dans certains films ? Cette affirmation relève-t-elle de la réalité politique ou du pur fantasme populaire ?
Au commencement, la rumeur d'un double du président a commencé par trouver son terreau dans la rareté des apparitions physiques du chef de l'État. L'extrême discrétion, voire l'absence de communication directe de la présidence, couplée à l'âge très avancé du dirigeant, crée un vide informationnel. Pour les sceptiques, les changements subtils dans la démarche, les expressions faciales ou la voix du président lors de ses rares allocutions sont autant de preuves qui accréditent la thèse du sosie.
À chaque fois, les collaborateurs de celui que l'on surnomme le « vieux lion » ont toujours démenti la rumeur de façon officieuse. Mais l'opinion publique a toujours eu son appréhension du sujet.
Plus qu'une simple question d'identité physique, l'engouement pour la rumeur du sosie reflète l'angoisse d'une grande partie de la population face à la question de la transition politique. Dans un pays où une écrasante majorité des citoyens n'a connu qu'un seul président dans sa vie, la thèse du double permet de matérialiser symboliquement le sentiment d'une déconnexion entre le sommet de l'État et la réalité du pays.
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Le sosie à gauche, le vrai Biya à droite
En l'absence de preuves factuelles, cette thèse reste cependant imprenable, mais un « un jour, vous allez nous dire où se trouvait le vrai Paul Biya », prévient N'zui Manto, un des lanceurs d'alerte les plus observateurs du pays qui croit aussi en l'existence de ce sosie, surtout après avoir comparé une photo du vrai et du faux Biya.