Jeune Afrique révèle comment les Américains ont pris le contrôle du séjour de Paul Biya à Genève en 2025 — et marginalisé le «clan israélien»

President Paul Biya Ngoh Chantal Image illustrative

Mon, 1 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il y a un moment précis où le basculement sécuritaire du Cameroun — du partenariat israélien vers la tutelle américaine — est devenu irréversible. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive du 30 mai, l'identifie avec une précision historique : c'est septembre 2025, quelques semaines avant l'élection présidentielle camerounaise. Et le théâtre de ce basculement est Genève — cette ville suisse où Paul Biya se rend régulièrement pour recevoir des soins et que le journal décrit comme une «extension informelle du palais présidentiel camerounais».

Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, la séquence genevoise de septembre 2025 a mis en scène une confrontation directe entre deux visions de la sécurité présidentielle — et deux camps aux intérêts divergents. Comme à son habitude, Paul Biya prévoit un séjour à Genève. Les services américains «avertissent le chef de l'État que des menaces pèsent sur sa sécurité». Face à cette alerte, deux options sont sur la table.

La première est portée par Ferdinand Ngoh Ngoh lui-même : «plaider pour un séjour médical en Israël, destination considérée comme plus discrète et plus sûre». Israël — le partenaire historique, le réseau qu'il a lui-même contribué à tisser, le clan dont il est l'un des piliers au Cameroun. La seconde option vient de Washington : «Genève, mais sous supervision sécuritaire américaine». Paul Biya choisit Washington.

Cette décision dit l'état des rapports de force en septembre 2025. Ngoh Ngoh — dont l'influence sur la sécurité présidentielle était jusqu'ici considérable via le «clan israélien» — est contourné. Son conseil est entendu mais pas suivi. Et c'est la recommandation américaine qui l'emporte — signifiant que Paul Biya fait désormais plus confiance à la CIA qu'à son propre Secrétaire Général sur les questions de sécurité personnelle.

Quatre agents camerounais et des conseillers américains : la délégation réduite à l'essentiel

Jeune Afrique révèle les modalités opérationnelles de ce séjour genevois sous supervision américaine avec une précision qui dit la profondeur de l'intrusion dans le dispositif présidentiel. «La délégation camerounaise est réduite à quatre agents de protection rapprochée. Toute l'architecture du déplacement — logistique, évaluation des risques et coordination opérationnelle — est confiée à des spécialistes liés à la CIA, au département d'État ou à des structures rattachées au Pentagone.»

Quatre gardes du corps camerounais. Tous les autres aspects du dispositif : américains. Ce n'est plus une coopération. C'est une délégation — de la sécurité du Chef de l'État camerounais à des agents d'une puissance étrangère. Une situation que le journal qualifie sobrement de «tournant» — mais qui, dans toute autre analyse, mérite le qualificatif d'inédit dans l'histoire des relations sécuritaires entre un État africain et Washington.

Le «clan israélien» en recul : les piliers de Ngoh Ngoh perdent leur ascendant

Jeune Afrique établit un lien direct entre la montée en puissance américaine et le déclin du réseau israélien que Ferdinand Ngoh Ngoh avait patiemment construit. «Cette influence semble décliner. Selon plusieurs sources sécuritaires et diplomatiques, en raison de la montée en puissance des Américains, Paul Biya a progressivement pris ses distances avec certaines figures de ce réseau. Plusieurs personnalités associées au «clan israélien» ont perdu leur ascendant.»

Et le journal nomme la première victime de ce recul : Ngoh Ngoh lui-même. «C'est le cas de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, qui partage désormais ses prérogatives avec Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de Paul Biya, et avec René Claude Meka, chef d'état-major des armées.» Partager ses prérogatives — pour un homme qui avait jusqu'ici concentré un pouvoir quasi exclusif sur l'information et la sécurité présidentielle — c'est déjà une perte considérable. Et ce partage forcé est directement attribuable, selon Jeune Afrique, à la montée en puissance américaine qui a réduit l'espace d'influence du réseau israélien dans l'appareil sécuritaire camerounais.

Source: www.camerounweb.com