Jeune Afrique révèle le rôle trouble de Justin Danwe : informateur de Mopa d'un côté, bras armé d'Amougou Belinga de l'autre

RENCONTRE PARIS (30) Cc Image illustrative

Tue, 9 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il y a des hommes qui jouent tous les camps simultanément — et qui finissent par perdre partout. Justin Danwe, lieutenant-colonel et ancien directeur des opérations à la DGRE, est peut-être l'un d'eux. Arrêté comme principal exécutant dans l'assassinat de Martinez Zogo, présenté par l'accusation comme «le bras armé d'Amougou Belinga», il révèle aujourd'hui — à travers les données numériques extraites de son téléphone et les révélations exclusives de Jeune Afrique publiées ce 6 juin 2026 — une dimension insoupçonnée : il entretenait simultanément des contacts étroits avec Modeste Mopa Fatoing, le directeur général des impôts qui combattait précisément le réseau d'Amougou Belinga.

Des contacts téléphoniques entre Danwe et Mopa : le rapport d'expertise le confirme

La révélation de Jeune Afrique est adossée à une preuve judiciaire de premier ordre : le rapport d'expertise présenté le 1er juin 2026 au Tribunal Militaire de Yaoundé dans le cadre du procès Martinez Zogo. Ce document, révèle le journal, «fait état de contacts téléphoniques entre Modeste Mopa Fatoing et Justin Danwe». Des appels entre le directeur général des impôts qui poursuivait Amougou Belinga — et l'officier de la DGRE qui allait enlever et assassiner le journaliste qui l'aidait à le poursuivre. Une connexion qui soulève des questions vertigineuses sur ce que Danwe savait, communiquait et planifiait simultanément.

Jeune Afrique explique le lien personnel qui unit les deux hommes au-delà du simple réseau professionnel : ils sont tous deux Toupouris de l'Extrême-Nord — une solidarité ethnique et communautaire qui, dans le tissu social camerounais, crée des obligations de loyauté informelles mais puissantes. «L'épouse de Danwe est une «sœur communautaire» de Mopa — un lien de parenté assez lâche mais structurant dans l'Extrême-Nord», précise le journal.

«D'un côté il travaillait pour Amougou Belinga, de l'autre il informait Mopa»

La révélation de Jeune Afrique sur le double jeu de Danwe est formulée par «un proche de la famille de Martinez Zogo» — un témoin dont la proximité avec les victimes donne un poids particulier au témoignage. «D'un côté, il travaillait pour Amougou Belinga ; de l'autre, il informait Mopa», confie cette source au journal. Un officier de renseignement qui vend des informations aux deux camps adverses — pratique connue dans les milieux du renseignement, mais dont les conséquences ici ont été mortelles.

Jeune Afrique révèle une dimension supplémentaire de ce double jeu : «L'épouse de l'officier de la DGRE, employée au ministère des Finances, aurait elle-même transmis des informations sensibles au directeur général des impôts». Le couple Danwe comme réseau d'information double — lui à la DGRE, elle au ministère des Finances. Elle informe Mopa sur les mouvements fiscaux liés au groupe Amougou Belinga. Lui informe Mopa depuis la DGRE — tout en y coordonnant l'opération qui tuera le journaliste que Mopa alimentait en documents. Une architecture de trahisons croisées dont les ramifications n'ont probablement pas encore toutes été explorées par les enquêteurs.

Mopa, Ngoh Ngoh et Martinez Zogo : un triangle d'alliance fatale

Jeune Afrique révèle enfin la structure de l'alliance qui a conduit à la mort de Martinez Zogo — et à la fuite de Mopa. C'est «en concertation avec Ferdinand Ngoh Ngoh», révèle le journal, que Mopa commence à transmettre des documents confidentiels à Martinez Zogo. Ngoh Ngoh — le même qui pilotait le réseau israélien, qui contrôlait les rapports de la DGRE, qui supervisait les marchés publics — aurait donc été le commanditaire de la guerre informationnelle contre Amougou Belinga. «Martinez Zogo était lui aussi très lié à Ngoh Ngoh», précise Jeune Afrique — faisant de leur collaboration une opération pilotée depuis le Secrétariat Général de la Présidence.

Si cette révélation est exacte, elle signifie que l'assassinat de Martinez Zogo n'était pas seulement une vengeance d'Amougou Belinga contre un journaliste gênant. C'était une contre-attaque contre une offensive orchestrée depuis le palais présidentiel lui-même. Une guerre d'État contre un homme d'affaires — menée par presse interposée — dont le journaliste a payé le prix de sa vie. Et dont Mopa, exfiltré aux États-Unis, n'est jamais revenu.

Source: www.camerounweb.com