Issa Tchiroma porte plainte contre Paul Biya et ses complices à Paris pour « massacres et actes de répression » post-électoraux. Le « président élu » a saisi le Tribunal judiciaire de Paris sur le fondement de la compétence universelle. La plainte vise une liste de 21 personnalités camerounaises, dont Paul Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh, Paul Atanga Nji, Joseph Beti Assomo et Clément Atangana, accusées d'être responsables de la répression après la présidentielle du 12 octobre 2025. Me Alice Nkom, porte-parole de Tchiroma, a coordonné l'action.
ISSA TCHIROMA PORTE PLAINTE CONTRE PAUL BIYA ET SES COMPLICES À PARIS
LISTE DES PERSONNALITÉS POLITIQUES, CIVILES, POLICIÈRES ET MILITAIRES MISES EN CAUSE DANS LA PREMIERE PLAINTE PENALE CONCERNANT LES VICTIMES DE LA CRISE POST-ÉLECTORALE
1) Mr BIYA BI MVONDO Paul Barthélémy, ancien Chef d'Etat de la République du
Cameroun
2) Mr NGOH-NGOH Ferdinand, Secrétaire Général de la Présidence de la République du Cameroun; bénéficiaire d'une délégation permanente de signature de l'ancien Chef de l'Etat susvisé
3) Mr ATANGA NJI Paul, Ministre de l'Administration Territoriale
4) Mr BETI ASSOMO Joseph, Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense
5) Mr ATANGANA Clément, Président du Conseil Constitutionnel
6) Mr ESSOUSSE Erik, Directeur Général des Élections
7) Mr ENOW ABRAMS EGBE, Président du Conseil Electoral
😎 Mr PELENE François, Général de Brigade, Coordonnateur Général du Bataillon d'Intervention Rapide (B.I.R.)
9) Mr ETOGA Galax Yves Landry, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la Défense, chargé de la Gendarmerie
10) Mr Jean Pierre Robins GHOUMO, Directeur général de la Recherche Extérieure
11) Mr MBARGA NGUELE Martin, Directeur Général à la Süreté Nationale du Cameroun
12) Mr DILI Jacques, Commissaire Divisionnaire, Directeur de la police judiciaire
13) Mr ONDOA ONGONO Hervé-Marie, Commissaire Divisionnaire Délégué régional de la Sûreté Nationale du Littoral
14) Mr PIGUI NGOSSO Eloi Gaëtan, Commissaire Divisionnaire Commandant du Groupement Spécial des Opérations (GSO)
15) Mr ONANA ATENGUENE Théophile, Commissaire Divisionnaire Directeur des Renseignements Généraux
16) Mr NGOM PASSAM Christian, Commissaire Chef de service adjoint des études, de la Coordination et des Enquêtes Criminelles
17) Mr MEJABE JOHN ENONGUENE, Commissaire Divisionnaire, Commandant opérationnel du Commandement central des groupements mobiles d'intervention
18) Mr Le Colonel OTOULOU Jean-Pierre, Commandant de la Légion de Gendarmerie du
Littoral
19) Mr le Lieutenant-Colonel BIALO Dieudonné, Chef du service central des recherches judiciaires à la Gendarmerie Nationale
20) Mr AYISSI MBARGA Aristide, Commissaire Divisionnaire, GMI Bafoussam
21) Mr MEVA'A Vincent de Paul, Commissaire Principal, chargé d'Etudes au Cabinet du DGSN
COMMUNIQUÉ DE DÉPÔT DE DEUX PLAINTES PÉNALES SUR LE FONDEMENT DE LA COMPÉTENCE UNIVERSELLE AUPRÈS DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS CONTRE LES AUTEURS DE LA RÉPRESSION VISANT DES CAMEROUNAIS
REVENDIQUANT LE RESPECT DE LA VÉRITÉ DES URNES DU 12 OCTOBRE 2025.
Camerounaises, Camerounais, Mes Chers Compatriotes.
J'ai l'honneur de vous informer de manière solennelle que je viens de saisir une juridiction internationale par rapport aux massacres et autres actes de répression perpétrés contre nos concitoyens dont le seul crime aux yeux de l'oppresseur est la revendication de la vérité des urnes après le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
J'avais, au lendemain du 12 octobre 2025, instruit une enquête minutieuse visant à rassembler l'ensemble des informations, collecter divers témoignages et recueillir des preuves, concernant leur situation, le préjudice qu'ils subissent, et établir la chaîne des responsabilités des donneurs d'ordre et des exécutants de la répression sauvage et brutale orchestrée par le régime illégal et illégitime de Yaoundé.
Le résultat de ce travail minutieux a permis, grâce à l'abnégation, au professionnalisme et à l'engagement citoyen de nombreux avocats de notre pays et à l'international, de figures de la société civile et de personnes de bonne volonté, de constituer des dossiers de plainte afin que justice soit rendue à l'ensemble de ces compatriotes.
Depuis plus de sept mois, des milliers de Camerounais, de valeureux et paisibles citoyens auxquels je renouvelle mon plein et entier soutien, sont illégalement détenus dans des conditions effroyables, dans de nombreuses prisons de notre pays, au mépris des règles élémentaires de la dignité humaine et des principes de tout Etat de droit. D'autres, dont je salue sans cesse la mémoire, ont perdu la vie en détention, sous le crépitement des balles, et certains à l'instar du Président et héros national Anicet Ekané (dont la situation a justifié le dépôt d'une plainte spécifique) et, plus récemment, de Souleyman Tobi, victimes de traitements inhumains et dégradants.
Leur seul tort a été, pour d'aucuns, d'avoir manifesté pacifiquement contre l'usurpation par un régime illégitime, des suffrages largement exprimés en ma faveur, consacrant une victoire historique et populaire ; et pour d'autres, de s'être retrouvés en divers lieux, à proximité de leurs domiciles, où se déroulaient les manifestations. Au point où, sacrilège dans un pays qui revendique le statut d'État de droit, une partie de ces compatriotes sont attraits devant un
Tribunal Militaire.
Afin de leur rendre justice et de concourir à la libération de l'ensemble de ces compatriotes illégalement détenus, une action d'assistance humanitaire et judiciaire a été coordonnée par ma porte-parole, Me Alice Nkom, et des avocats et acteurs de la société civile.
En raison des nombreuses obstructions, encore persistantes, au dépôt d'une plainte au
Cameroun, la première étape de cette démarche a été franchie ce jour, à travers la saisine, sur la base du principe de la compétence universelle, du Tribunal Judiciaire de Paris, pour connaître des faits graves qui ont émaillé la répression des manifestations et revendications post-électorales au Cameroun, à la suite de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Les rescapés et les familles des victimes des exactions commises doivent pouvoir obtenir justice suite aux accusations portées contre les divers auteurs devant un Tribunal indépendant, impartial et neutre, qui garantisse des droits à une procédure régulière et à des procès équitables, à l'abri de toutes pressions, de toutes tentatives de manipulation de témoins et de travestir la Vérité.
Là où la justice camerounaise, inféodée au régime usurpateur, et donc "aux ordres" aurait nécessairement failli, la Justice Internationale entendra les victimes et/ou leurs familles, dira le droit et leur rendra justice.
Aussi, la prochaine étape sera orientée vers d'autres instances internationales compétentes en matière de détention arbitraire, de restrictions illégales des droits et libertés, et d'atteintes aux libertés fondamentales et aux Droits de l'Homme.
Que le régime illégal, illégitime et tyrannique de Yaoundé sache que l'impunité est terminée; et quant à vous, mes compatriotes, soyez assurés que tout peuple martyrisé bénéficie d'une pleine protection internationale lui permettant de s'en affranchir.
En réitérant mon soutien à l'ensemble de nos compatriotes, je renouvelle mon engagement à mener toutes les démarches nécessaires à leur rendre justice et réparer le préjudice humain et matériel dont ils sont victimes.
Et à mesure que la victoire du Peuple sera rétablie, ils seront pleinement inscrits au rang des martyrs et héros de notre pays.
Le 12 juin 2026
Issa tchiroma bakary
Président élu de la République du Cameroun