Changement et départ de Paul Biya : un message d'espoir tombe pour tous les Camerounais

Mau Kamto Paul Biya Image illustrative

Mon, 15 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Maurice Kamto n'a pas besoin d'estrade pour parler. Il lui suffit d'une pensée. Ce lundi 15 juin 2026, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a publié sa «Pensée N°112-2026» — un texte court, dense, d'une beauté littéraire rare, qui dit en quelques lignes ce que des discours entiers peinent parfois à exprimer. Une méditation politique sur le Cameroun d'aujourd'hui — ses ressources trahies, ses élites prédatrices, et l'espoir qui demeure malgré tout.

L'image est d'une puissance évocatrice saisissante. «Ceux qui ont fait de notre pays un désert habitent les oasis et nourrissent leurs courtisans des quelques cactus qui poussent dans le sable», écrit Kamto. Une métaphore qui dit tout sur la structure du pouvoir camerounais : d'un côté, une élite dirigeante qui vit dans l'abondance — les «oasis» — pendant que le reste du pays survit dans l'aridité. De l'autre, des courtisans auxquels on distribue les miettes — «quelques cactus» — pour s'assurer leur loyauté.

La formule fait écho à des réalités documentées tout au long de ces derniers mois : les militaires qui attendent leurs primes pendant que leurs supérieurs prélèvent des «cotisations» sur leurs maigres salaires. Les docteurs sans emploi qui vendent des beignets devant les grilles des universités. Les ambassadeurs bloqués à Yaoundé faute de billets d'avion pendant que Paris et Berne sont choyées pour accueillir les séjours de Paul Biya. Les 50 milliards engloutis dans la visite papale pendant que les hôpitaux manquent de médicaments.

Kamto poursuit avec une accusation philosophique : «Ils ont couvert du manteau de l'égoïsme, de la méchanceté et de la haine des vallées fertiles et des rivières abondantes.» Le Cameroun n'est pas pauvre par fatalité géographique. Il est pauvre par choix politique délibéré — le choix de ceux qui ont transformé ses richesses naturelles en patrimoine privé. Le pétrole, les hydrocarbures, l'or de l'Est, le bois des forêts — autant de «rivières abondantes» dont les revenus s'évaporent dans des réseaux que Jeune Afrique a patiemment cartographiés.

«Je vous le dis avec certitude : notre pays est une promesse de bonheur partagée», affirme-t-il ensuite — refusant de laisser le diagnostic sombre sans perspective. Cette phrase est peut-être la plus importante de tout le texte : elle dit que le Cameroun n'est pas condamné à être ce qu'il est. Qu'il y a, sous le désert construit, des «vallées fertiles» recouvertes mais pas détruites.

La conclusion est un appel à la lucidité collective, d'une sévérité tranquille : «Il nous faut arracher le voile qui obstrue notre horizon commun, par une conscience vive et permanente de ce que nous avons traversé et traversons encore. Aucun mensonge, aucune manipulation ni illusion ne doivent plus jamais nous tromper.»

Cette pensée intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le MRC. L'audience du Conseil Constitutionnel sur le recours contre la prorogation des mandats des conseillers municipaux est fixée au 17 juin. Paul Biya est en Suisse pour des soins. Le Vice-Président n'est toujours pas nommé. Le remaniement gouvernemental promis depuis novembre 2025 n'est toujours pas venu. Et Kamto, lui, écrit. Il pense. Il publie. Et dans cette publication numérotée N°112 de l'année 2026, il dit une chose simple que ses partisans et ses adversaires savent lire : il est encore là.

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