Bulletin de paie : les fonctionnaires trouvent un moyen subtil d'arnaquer le gouvernement

Conseil Dadministration Fecahand Fevrier 2023.jpeg Enfants fantômes

Mon, 15 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

La « décision généreuse » de l'État, comme le qualifie le journal l'Indépendant dans sa parution du 15 juin 2026, devient une opportunité pour des véreux. Cette décision de soutenir le pouvoir d'achat du personnel de l'État, en faisant passer l'allocation mensuelle par enfant de 2 800 à 4 500 FCFA, a réveillé les appétits, dénonce le média dans sa publication que nous relayons.

Des milliers d'agents publics se sont mis à fabriquer de faux profils d'enfants pour gonfler artificiellement leurs bulletins de paie. Ce qui devait être une aide sociale est devenu un véritable réseau de fausses déclarations.

En l'espace de seulement 21 mois, le nombre d'enfants déclarés par les fonctionnaires a bondi de 55 %, une explosion démographique totalement impossible. Pour la petite histoire, le fichier solde de l'État comptait 594 728 enfants en juin 2024. En mars 2026, ce chiffre a atteint les 923 307 enfants.

Le calcul est simple : plus de 328 000 nouveaux enfants sont apparus dans le système en moins de deux ans. Plus absurde encore : 19 191 agents publics déclarent avoir au moins 10 enfants à leur charge. Une anomalie biologique et démographique qui montre l'ampleur de l'utilisation des faux actes de naissance.

Cette tricherie massive coûte une fortune aux contribuables camerounais. En deux ans, l'enveloppe annuelle versée par l'État pour ces allocations est passée de 21 milliards à plus de 38 milliards de FCFA. Ce sont 17 milliards de FCFA qui s'évaporent chaque année pour nourrir des enfants qui n'existent pas.

Cet argent public aurait pourtant pu servir à construire des écoles, à équiper des hôpitaux ou à bitumer des routes à travers le pays. Face à ce détournement de l'argent public, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a lancé un audit géant : l'opération Audit des allocations familiales du personnel de l'État (AALFA).

Pendant 24 mois, des équipes vont vérifier chaque acte de naissance et installer des filtres informatiques pour bloquer les doublons. La politique annoncée est celle de la tolérance zéro. Les allocations des fraudeurs seront supprimées. L'État exige le remboursement total des sommes volées. Pour faux en écritures publiques, les coupables doivent aussi s’attendre à des poursuites judiciaires.

Source: www.camerounweb.com