Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Fuh Calistus Gentry a, le 09 juin 2026, saisi la perche de la 15e édition du Salon de l'action gouvernementale (Sago) pour faire plusieurs annonces majeures. Devant un public venu en masse, le membre du gouvernement a détaillé les actions menées par son département en relation avec le thème de cette édition : « Partenariat État-Secteur privé : levier d’un Cameroun émergent ».
Son allocution était attendue sur des questions d’actualité. Au cours de la conférence de presse, le 09 juin dernier, le ministre Fuh Calistus Gentry n’a pas manqué de détails. D’entrée de jeu, il a placé l’année 2025 sous le signe de l’exploit. Pour lui, sous l’impulsion du président de la République, le Cameroun a franchi un cap historique en intégrant le cercle restreint des pays producteurs miniers.
Cette concrétisation est le fruit de la mise en production simultanée de 05 projets d’envergure à savoir : Le projet d’exploitation du fer de Bipindi-Grand Zambi ; le projet d’exploitation du fer de Kribi-Lobé ; le projet d’exploitation industrielle de la bauxite de Minim-Martap dans l’Adamaoua ; le projet d’exploitation industrielle du marbre de Bidzar ; le projet d’exploitation de l’or de Colomine à l’Est.
Pour l’année en cours, la dynamique s’accélère. Fuh Calistus Gentry assure le suivi de 05 autres projets miniers au rang desquels figurent les projets d’exploitation du fer de Mbalam, de Nkout et de Ngovayang, ainsi que les projets d’exploitation de l’or de Mborguéné et de Bibemi. À terme, il est question de faire émerger une industrie minière robuste autour de quatre principales filières : la filière fer ; la filière bauxite ; la filière calcaire ; la filière or.
Dans le volet assainissement du secteur de l’exploitation artisanale sémi-mécanique de l’or, le Minmidt dit avoir mené des actions fortes, dans le but de garantir les intérêts de l’État. Son dispositif coercitif a porté en 05 volets : environnemental (paiement des frais de caution environnementale fixés à 63 000 000 Fcfa, remboursables en cas de remise en état des sites), fiscal (impôt de 25 % au titre de l’impôt synthétique minier libératoire ; et de 5 % au titre des droits de sortie), légal (majorité des Camerounais de 51% dans le capital), technique (seuil minimal de production fixé à 05) kg/mois pour chaque site d’exploitation disposant de 10 bôles) et technologique (système en vase clos). Au Sago 2026, Fuh Calistus Gentry a été interpellé sur la question de l’or qui disparait. Sa réponse ? Selon les chiffres présentés par le membre du gouvernement, à ce jour, plus de 100 sociétés sont poursuivies en justice, parmi les 200 publiées, tandis que 22 sociétés sont en cours de formalisation. « L’objectif est de combler l’écart entre la production réelle et les déclarations à l’exportation », a expliqué le Minmidt. Et d’ajouter : « L’écart entre ce qui est produit au Cameroun et ce qui est déclaré à l’étranger est dû à des déclarations qui ne sont pas correctes ».
Restructuration
D’après les projections, sur la base du seuil minimal de production fixé à 05 kg par mois, la production annuelle projetée est, pour le moment, de 1 320 kg d’or et une collecte attendue de la Sonamines d’au moins 380 kg d’or. Les avantages de la restructuration sont énormes, dira-t-il. En cas de régularisation de 100 sites illégaux, les recettes générées seraient de 8 640 000 000 Fcfa, et 17 280 000 000 Fcfa si ce sont 200 sites qui respectent l’application des mesures de restructuration.
Sur les avancées industrielles, le Minmidt soutient avoir mis en place des chaînes de valeur complètes pour une meilleure implémentation de la politique d’import-substitution, chère au Président de la République : transformation de l’argile et du feldspath en carreaux, bauxite – alumine – aluminium, calcaire – clinker – ciment, et ferbillettes. Les zones économiques industrielles spécialisées d’Édéa et de Bertoua, pour lesquelles le Cameroun bénéficie de l’appui des bailleurs de fonds sont opérationnelles.
Il pense aussi à la restructuration en cours de la société Cicam. Tout comme la maturation du projet de création à Garoua du parc industriel de transformation locale du coton est suffisamment avancée et devrait permettre, dès 2028, la création de plus de 10 000 emplois. Le membre du gouvernement n’oublie pas de citer le développement du sous-secteur agroalimentaire marqué par la transformation locale du cacao, du sucre, des farines et des pâtes alimentaires, ainsi que par la poursuite de la maturation du Technopôle agroindustriel de Ouassa-Babouté ; le développement du sous-secteur de l’énergie domestique avec la création d’unités industrielles de fabrication locale de bouteilles de gaz, renforçant la sécurité énergétique domestique.
Sur le plan du développement technologique, le Cameroun s’affirme comme leader en Afrique, non seulement en matière d’Indications Géographiques et d’Appellations d’Origine, avec à son actif le poivre de Penja et le miel d’Oku, mais aussi dans la valorisation de produits facilement exportables et capables de concurrencer les produits similaires sur leurs propres marchés, favorisant ainsi le redressement de la balance commerciale. Les actions du Minmidt ont également porté sur le renforcement de l’écosystème national de l’innovation à travers l’accompagnement des universités et écoles spécialisées, par l’équipement de laboratoires et l’installation de Centres d’Appui à la Technologie et à l’Innovation. L’on cite aussi l’organisation des Journées technologiques nationales (JTN), remise à l’ordre du jour, afin de permettre à la jeunesse camerounaise de bénéficier du guichet de financement de l’innovation mis en place par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (Oapi) et ses partenaires, notamment le Fonds africain de garantie (AGF).
Au final, le public, composé d’acteurs économiques et de partenaires techniques, a salué les annonces déroulées par Fuh Calistus Gentry, lors des questions-réponses. La conférence s’est achevée par la traditionnelle photo de famille.