REVELATIONS : Comment la CIA a empêché Paul Biya de prendre un avion pour des raisons politiques

PAUL BIYA GENERAL AMERICAIN Image illustrative

Wed, 17 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il y a une révélation dans l'enquête exclusive de Jeune Afrique du 16 juin 2026 qui mérite qu'on s'y arrête longuement — parce qu'elle dit quelque chose d'essentiel sur qui commande réellement les décisions présidentielles au Cameroun en 2026. Paul Biya devait partir en Suisse pour se faire opérer du genou avant le 20 mai. Ses médecins le lui avaient demandé depuis des semaines. Mais ce départ a été annulé. Non sur avis médical. Non sur décision présidentielle souveraine. Sur recommandation des conseillers américains de la présidence.

Jeune Afrique révèle la raison exacte pour laquelle les conseillers américains ont déconseillé le voyage médical de Paul Biya avant le 20 mai : «pour des raisons d'image politique». Pas de risque sécuritaire cette fois — c'est une alerte de communication. Partir avant la Fête Nationale, c'est être absent de son propre défilé. C'est laisser une image d'un Chef de l'État incapable de présider la cérémonie la plus symbolique de l'année camerounaise. C'est alimenter les spéculations sur une santé défaillante au moment le plus visible de l'agenda politique annuel.

Les conseillers américains ont arbitré en faveur de l'image — contre la médecine. Et Paul Biya, dont Jeune Afrique avait documenté la dépendance croissante aux renseignements et aux conseils américains depuis la visite du directeur de la CIA William Burns en 2023, a suivi leur recommandation. Il est resté. Il a défilé. Et il est tombé lors de la réception qui a suivi.

Cette révélation de Jeune Afrique s'inscrit dans une séquence que le journal a méticuleusement documentée depuis plusieurs mois. En septembre 2025, ce sont des conseillers liés à la CIA et à l'Africom qui avaient supervisé le séjour genevois de Paul Biya — «réduisant la délégation camerounaise à quatre agents de protection rapprochée» et confiant «toute l'architecture du déplacement à des spécialistes américains». En mai 2026, c'est une note confidentielle des services américains qui avait conduit Paul Biya à annuler un précédent voyage médical en Suisse en raison de «risques sécuritaires». Et maintenant, ce sont ces mêmes conseillers qui ont dit non à un voyage médical pour protéger l'image politique du Chef de l'État.

«Leur influence est grandissante, notamment depuis un précédent séjour de Paul Biya à Genève en septembre 2025», confirme Jeune Afrique. La CIA ne dirige pas le Cameroun. Mais elle conseille son président sur ses déplacements, ses hospitalisations et ses apparitions publiques. Une réalité dont l'ampleur ne cesse de se révéler — et qui dit à quel point la souveraineté de décision d'un Chef de l'État de 93 ans s'exerce dans un espace de plus en plus contraint.

Le résultat de cet arbitrage américain en faveur de l'image est désormais connu. Paul Biya a présidé le défilé du 20 mai. La CRTV avait reçu des consignes «d'interdire les plans serrés ou trop longs sur le Chef de l'État». Et lors de la réception qui a suivi, le président a chuté — nécessitant l'intervention immédiate de son équipe médicale personnelle et une prise en charge d'urgence. «Sa vie serait menacée» — ou du moins sa santé —, et l'image que les conseillers américains voulaient préserver s'est fracassée en direct devant des centaines d'invités que Ferdinand Ngoh Ngoh a priés de «garder le silence sous peine de sanctions».

L'image politique peut attendre. La médecine, à 93 ans, n'attend pas.

Source: www.camerounweb.com