L'ancien ministre et figure politique camerounaise Issa Tchiroma Bakary a réagi avec émotion à l'atroce assassinat du jeune Steve Diffo, immolé par le feu à Baloum. Dans un communiqué publié le 17 juin 2026, il dénonce une « justice populaire régressive » et appelle à des sanctions sévères contre les responsables.
« J'ai appris, avec stupeur et effroi, la mise à mort du jeune Steve Diffo, immolé dans des conditions macabres, il y a quelques jours, dans la localité de Baloum, près de Dschang, dans la région de l'Ouest-Cameroun », écrit Issa Tchiroma Bakary en ouverture de son communiqué.
L'ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement exprime sa solidarité avec la famille de la victime, notamment sa mère dont « le cri du cœur » l'a profondément ému.
Un acte « déshumanisant » et intolérable
Issa Tchiroma décrit avec précision les conditions du supplice : « Dans un acte déshumanisant, notre compatriote Steve Diffo a été ligoté des pieds et des mains, et soumis à un supplice inadmissible, sous le regard indifférent de témoins, d'une foule en furie et d'une autorité traditionnelle identifiée dans une vidéo insoutenable devenue virale sur les réseaux sociaux. »
Il oppose une triple condamnation sans appel :
« Aucune raison ne peut justifier une telle barbarie ! »
« Aucun motif ne peut légitimer une telle torture ! »
« Nul ne peut se prévaloir de ses fonctions, de son autorité ou de son statut pour cautionner, autoriser ou ordonner une mise à mort aussi sauvage d'un citoyen. »
Une justice populaire régressive
Pour l'ancien ministre, ce drame révèle des « réalités préoccupantes » pour la société camerounaise :
La perte de repères dans la société
Le déficit de confiance grandissant à l'égard de la police, de la gendarmerie et de la justice
La corruption morale
Le règne de l'impunité
La banalisation de la torture et la dévalorisation de la vie humaine
Il appelle à un sursaut collectif : « Il est du devoir impérieux de la justice de faire toute la lumière dans cette affaire, d'établir les responsabilités et de sanctionner avec la plus grande sévérité les auteurs et les instigateurs de ces actes abominables. »
Un appel au rétablissement de l'État de droit
Au-delà du cas particulier, Issa Tchiroma en appelle à une refondation : « Il est de notre devoir de rétablir une société de confiance, avec une justice effective et qui prohibe et punit avec sévérité la torture et les actes dégradants et inhumains. »
Le communiqué se conclut par une adresse directe à la famille de la victime : « Je réitère, une fois encore, à la famille du jeune Steve Diffo, mes condoléances les plus sincères en ces circonstances douloureuses. »
Cette réaction d'Issa Tchiroma intervient alors que l'affaire de Baloum continue de susciter une vive émotion au Cameroun. Le chef du groupement Baloum, Noussi Pokam Charly Constant, a été arrêté et conduit au tribunal de Dschang pour répondre de ses actes. La vidéo du supplice, devenue virale, a mis en lumière les dérives de certaines pratiques traditionnelles et l'impunité dont bénéficient parfois les autorités locales.