Etoudi Ferdinand Ngoh Ngoh remplace officiellement Paul Biya (Vidéo)

Ferdinand Ngoh Ngoh, SGPRC Image illustrative

Fri, 19 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Ce jeudi 18 juin 2026, le bâtiment B du Secrétariat Général de la Présidence de la République a accueilli une visite diplomatique de haut rang — mais dans des circonstances qui, en elles-mêmes, constituent une information. Mohammed Salem Al-Mersouk, ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens de l'Extérieur de la République Islamique de Mauritanie, a été reçu en audience par le ministre d'État, Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. «Au nom du Chef de l'État Paul Biya» — une précision protocolaire qui dit, discrètement mais clairement, qui gouverne le Cameroun en ce moment.

Le Chef de l'État camerounais est officiellement en «séjour privé» en Suisse depuis quelques jours . Officieusement — selon les révélations exclusives de Jeune Afrique — il est hospitalisé dans une clinique privée de Genève pour une opération du genou, dans un état de santé «plus préoccupant que prévu» selon les propres termes du journal. Son séjour, «initialement prévu pour deux semaines, a d'ores et déjà été prolongé». Et c'est dans ce vide présidentiel que Ferdinand Ngoh Ngoh — fort de sa délégation permanente de signature du Chef de l'État — assume de facto les fonctions de réception des hôtes de marque venus avec des messages destinés à Paul Biya.

Recevoir au nom du Chef de l'État un ministre des Affaires Étrangères porteur d'un message présidentiel — c'est un acte de souveraineté par délégation qui dit l'étendue du pouvoir de Ngoh Ngoh en l'absence du président. Une situation que les observateurs de la politique camerounaise suivent avec attention : Ngoh Ngoh, dont la candidature à la Vice-Présidence a été évoquée avant d'être jugée «perdant en crédibilité» par Jeune Afrique, se retrouve de fait à exercer des fonctions qui préfigurent ce que serait un Vice-Président.

L'émissaire mauritanien était porteur d'un message écrit du Président mauritanien destiné à Paul Biya — message qu'il a remis à Ngoh Ngoh en l'absence du destinataire. À sa sortie d'audience, Mohammed Salem Al-Mersouk a précisé la teneur de sa visite : «Cette démarche s'inscrit dans les conversations régulières que les deux pays entretiennent à la fois sur les questions africaines, les questions bilatérales, mais on partage aussi d'autres sphères — la sphère islamique, les questions internationales — et nous avons réaffirmé ensemble la volonté de continuer à affirmer les liens bilatéraux entre les deux pays et surtout de faire en sorte que cette relation bilatérale excellente puisse être renforcée, améliorée, approfondie dans l'intérêt bien compris des deux États.»

L'entretien a par ailleurs été élargi à plusieurs secteurs clés de la coopération bilatérale : la sécurité, l'intégration régionale et les échanges commerciaux — avec également un échange sur la situation du consul honoraire de la Mauritanie au Cameroun. Une coopération que le chef de la diplomatie mauritanienne dit particulièrement apprécier.

Pour mémoire, la dernière visite de Mohammed Salem Al-Mersouk au Cameroun remontait à août 2024 — lorsqu'il avait participé à la 50ème session du Conseil des Ministres des Affaires Étrangères de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), marquée par le transfert de la présidence de cette instance au Cameroun. Deux visites en moins de deux ans — un rythme qui dit l'intensification de la relation entre Yaoundé et Nouakchott, notamment dans le cadre de la diplomatie islamique que les deux pays partagent.

Mais ce 18 juin, la dimension diplomatique de la visite mauritanienne est doublée d'un signal politique intérieur qui n'aura échappé à personne dans les cercles du pouvoir camerounais : en l'absence de Paul Biya, c'est Ferdinand Ngoh Ngoh qui tient le fort. Et il le tient avec l'assurance d'un homme qui, depuis quatorze ans, sait exactement ce que gouverner par délégation signifie.

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