Opération Épervier : les biens de Polycarpe Abah Abah vendus à la population

Bien D'Abah Abah Polycarpe Patrimoine aux enchères

Fri, 19 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

L’État du Cameroun lance une nouvelle offensive dans le cadre de l’opération Épervier. La Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC) organise une grande vente aux enchères publiques les 25, 26 et 27 juin 2026 à la Maison du parti de Bonanjo à Douala, relate le journal L'indépendant, parution numéro 1040.

Au programme : véhicules de luxe, groupes électrogènes, meubles haut de gamme, appareils électroménagers et plusieurs autres biens saisis dans le cadre d’affaires de détournement de deniers publics.

Selon plusieurs sources, des biens attribués à l’ancien ministre des Finances, Polycarpe Abah Abah, figureraient parmi les lots concernés. Cette opération marque une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption : après les condamnations judiciaires, place désormais à la récupération effective des avoirs au profit du Trésor public.

Un signal fort envoyé aux gestionnaires des fonds publics : les biens acquis grâce aux ressources de l’État peuvent désormais être saisis et vendus pour rembourser les sommes dues à la nation.

Cette affaire pose la problématique de l’application de l’article 66 qui vise à lutter contre l’enrichissement illicite, la corruption et les détournements des fonds publics qui gangrènent l’administration publique au Cameroun.

Le président de la République, Paul Biya, a, en effet, signé le 14 avril 2026 le décret d'application historique rendant obligatoire la déclaration des biens et avoirs pour tous les hauts responsables publics.

Ce texte, publié en procédure d'urgence, fait sauter le verrou qui bloquait la transparence financière au sommet de l'État depuis trois décennies. Désormais, l'impulsion est donnée pour traquer l'enrichissement illicite et restaurer la confiance entre les gouvernants et les citoyens.

Si cette signature est saluée par la société civile et les partenaires internationaux comme un signal fort envoyé à Transparency International, le plus dur reste à faire. L'efficacité de ce dispositif reposera sur la sincérité des déclarations (à l'entrée et à la sortie de fonction) et surtout sur l'indépendance de l'autorité de contrôle.

Source: www.camerounweb.com