Épervier : désormais libre, voici ce qu'on a dit à Atangana Kouna qui veut récupérer tout son argent

Basile Atangana Kouna Aurait échappé Opération Épervier

Sat, 20 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Basile Atangana Kouna l'a eue mauvaise. Dans l'opération Épervier, il n'a jamais eu de répit. Le haut fonctionnaire a été humilié lorsqu'il a été arrêté, lui sur qui pèsent des accusations de détournements de fonds et d'enrichissement illicite, pour ne parler que de celles-là. Après sa libération, l'ancien directeur général de la Camwater a-t-il pris possession de tout ce qui était sien, réponse dans ce travail du journal L'Indépendant.

C'est un ouf de soulagement qu'a poussé Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien directeur général du Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale (Feicom) quittant la prison, le 21 février 2026, après avoir purgé une peine qui, par le jeu des cumuls et condamnations successives, l'aura maintenu incarcéré pendant près de 20 ans (initialement interpellé en février 2006).

Il en est de même pour Gilles Roger Belinga, ex-DG de la Société immobilière du Cameroun (SIC), également arrêté lors de la première vague de l'opération Épervier, qui trouvait lui ce jour-là la liberté au terme de ses condamnations.

Belinga avait écopé de 35 ans de prison ferme en 2007 pour détournement de fonds publics, peine ramenée à 20 ans. Quant à Ondo Ndong, il avait été condamné à 50 ans de prison pour détournement de 50 milliards de francs CFA, peine réduite à 20 ans.

Leur libération intervenait exactement 20 ans jour pour jour après leur interpellation très médiatisée, refermant ainsi l'un des chapitres les plus longs de l'histoire judiciaire récente du pays. Mais, au sein de l'opinion, c'est la déclaration d'Emmanuel Gérard Ondo Ndong, qui aura suscité un torrent de commentaires.

En effet, sur la chaîne camerounaise Vision 4 TV, celui dont les biens mobiliers avaient été vendus aux enchères par la SRC, a réaffirmé, après sa libération, son indéfectible soutien au chef de l'État. Beaucoup s'attendaient à des propos sévères contre le régime de Paul Biya ou contre la justice camerounaise, d'autant plus qu'il a toujours clamé son innocence.

Contre toute attente, l'ancien détenu affirme n'avoir ni rancœur ni amertume. Selon lui, ni le président de la République ni la justice ne sont responsables de son incarcération. Il estime plutôt que sa prison relevait de « la volonté de Dieu ». « Que ce soit le président ou la justice ; ils n'ont pas initié ma prison, ils ont exécuté la décision de Dieu », a-t-il déclaré. Une posture qui interroge. Pour certains, il s'agit de l'expression d'une loyauté inébranlable, forgée même dans l'adversité.

D'autres y voient une manœuvre stratégique, un geste de réconciliation pour se repositionner dans un échiquier politique où les alliances et les réhabilitations ne sont jamais écrites d'avance. Ici et là, la déclaration d'Ondo Ndong est interprétée comme un message envoyé à l'ensemble de la classe politique, un rappel que même après la chute, les liens de loyauté peuvent perdurer, voire se renforcer.

Les services qu'il a rendus à la nation ne lui ont pas épargné pareille humiliation. L'ex-DG de la Camwater, Basile Atangana Kouna, aujourd'hui en liberté, après avoir payé le corps du délit pour lequel il était accusé, n'a toujours pas récupéré les fonds logés dans ses comptes sous justice, alors que des instructions du président Paul Biya adressées au Garde des sceaux restent lettre morte. Polycarpe Abah Abah n'a pas eu la même chance.

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