Assassinat de Martinez Zogo : Le Reporters sans frontières (RSF) cité

Maxime Eko Eko Jean Pierre Amougou Belinga Affaire Martinez Zogo 'L’audition de RSF et de M. Froger s’inscrit dans une démarche saine'

Sat, 20 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Martinez Zogo, toutes les personnes et organisations ayant affirmé détenir des informations ou documents déterminants devraient être entendues par la justice, notamment Reporters sans frontières (RSF) et son responsable Afrique, Arnaud Froger. Vincent Sosthène Fouda soutient que cette démarche relève d’un principe fondamental de transparence, de responsabilité et de recherche de la vérité, particulièrement lorsque des accusations publiques ont été formulées contre certaines personnalités comme Jean-Pierre Amougou Belinga ou Maxime Eko Eko.

Transparence, responsabilité et exigence de vérité

Au regard de l’évolution de l’enquête sur l’assassinat de Martinez Zogo, il apparaît aujourd’hui indispensable que toutes les personnes ayant affirmé publiquement détenir des documents ou informations déterminantes soient entendues par la justice, en France comme au Cameroun. Cette exigence concerne notamment Reporters Sans Frontières (RSF) et M. Arnaud Froger, qui ont, dès janvier 2023, avancé des affirmations graves en évoquant l’existence de pièces accablantes visant certains acteurs, dont M. Jean Pierre Amougou Belinga.

Je parle ici en journaliste, et non en polémiste.

J’ai conservé ma carte de presse, obtenue dès mon premier stage — comme il était d’usage lorsque nous étions étudiants, au mois de janvier. Je me considère toujours, et avant tout, comme membre de la corporation, celle des journalistes, pas celle des tontons flingueurs qui ont oublié ce qu’est cette noble profession.

Comme le rappelait Albert Londres : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, ni de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »

Or, dans le cas qui nous occupe, nous devons interroger la profession elle même.

Nous devons interroger RSF. Nous devons interroger Arnaud Froger.

Parce que veritas liberabit vos — « la vérité vous rendra libres ».

Il ne s’agit pas de contester la liberté de la presse ni le rôle essentiel des ONG dans la défense des droits humains. Il s’agit d’un principe fondamental de l’État de droit : toute personne qui affirme publiquement détenir des éléments susceptibles d’éclairer une affaire criminelle doit pouvoir être entendue par l’autorité judiciaire compétente, afin de préciser la nature, l’origine, la date et la fiabilité de ces éléments.

1. Un fondement juridique clair : la justice doit entendre tout détenteur d’informations utiles

En droit français comme en droit camerounais, le juge d’instruction dispose d’un pouvoir étendu pour entendre toute personne susceptible de contribuer à la manifestation de la vérité (articles 80 et suivants du Code de procédure pénale français ; articles 163 et suivants du Code de procédure pénale camerounais).

Ce pouvoir s’applique : aux témoins directs, aux témoins indirects, aux personnes ayant eu accès à des documents confidentiels, aux journalistes, sous réserve de la protection des sources, aux responsables d’organisations ayant pris position publiquement.

La jurisprudence française est constante : la protection des sources n’interdit pas l’audition, elle limite seulement l’obligation de divulgation. En d’autres termes : A journalist may be heard, even if he is not compelled to reveal his sources.

2. Une responsabilité accrue lorsque des accusations publiques ont été formulées

RSF et M. Froger ont affirmé, dans plusieurs médias internationaux, avoir eu accès à des documents impliquant directement M. Amougou Belinga.

Or, trois ans plus tard, l’enquête explore d’autres pistes, certains témoignages initiaux ont été contestés, et la cohérence des premières déclarations est remise en question.

Dans ce contexte, il est légitime — et même nécessaire — que :

M. Jean Pierre Amougou Belinga, mis en cause publiquement, puisse demander que les auteurs de ces affirmations soient entendus ;

M. Maxime Eko Eko, également cité dans certaines versions initiales, puisse faire valoir le même droit ; la justice, seule autorité compétente, puisse vérifier la matérialité des éléments évoqués.

Ce n’est pas un procès médiatique inversé, mais un principe de responsabilité :

Toute parole publique qui influence une procédure pénale doit pouvoir être confrontée à l’examen judiciaire.

Audiatur et altera pars — « Que l’autre partie soit entendue ».

3. La transparence comme condition de la confiance publique

Dans une affaire aussi sensible, où se mêlent enjeux politiques, médiatiques et institutionnels, la transparence est indispensable.

Elle protège : les personnes mises en cause, les familles des victimes, les institutions judiciaires, et la crédibilité des ONG elles mêmes.

L’audition de RSF et de M. Froger ne serait pas une mise en accusation, mais un acte normal de procédure, conforme aux standards internationaux de justice pénale.

Comme le dit la maxime anglo saxonne : Sunlight is the best disinfectant.

4. Une démarche conforme aux principes internationaux

Les Nations unies, dans leurs Principes de Bangalore sur la déontologie judiciaire, rappellent que la justice doit : entendre toute personne susceptible d’apporter un éclairage, éviter les zones d’ombre, garantir l’égalité des parties, prévenir les interférences médiatiques non vérifiées.

Dans cette perspective, l’audition de RSF et de M. Froger s’inscrit dans une démarche saine, équilibrée et conforme aux standards internationaux.

Pour clore pour aujourd'hui, la manifestation de la vérité exige que toutes les voix ayant influencé l’opinion publique soient entendues par la justice.

Il ne s’agit pas de contester la liberté d’expression, mais de rappeler que la parole publique engage, surtout lorsqu’elle porte sur un crime aussi grave.

Pour M. Jean Pierre Amougou Belinga comme pour M. Maxime Eko Eko, demander que RSF et M. Froger soient entendus n’est pas une stratégie : c’est un droit. Et pour la justice, c’est un devoir.

Parce que, comme le disait Cicéron : Fiat justitia, ruat caelum — «

Que justice soit faite, même si le ciel doit s’effondrer. »

Source: www.camerounweb.com