Le mal du Cameroun est très profond

Paul Biya Revient Mort Image illustrative

Mon, 22 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il n'accuse pas. Il constate. Et c'est précisément pour cela que les mots de Valère Bessala sur le plateau de Libre Expression sur Info TV font si mal. «Il n'y a pas de mal à être malade, surtout quand on a un âge comme celui de notre président de la République. C'est normal», concède-t-il avec une équité désarmante — reconnaissant l'humanité d'un homme de 93 ans dont la fragilité physique n'a rien d'étonnant. «Il n'y a pas non plus de mal à se faire soigner, ou même à se faire assister, parce qu'il y a des maladies invalidantes qui nous contraignent à nous laisser à la merci de quelqu'un d'autre.» Pas de procès pour la maladie. Pas de honte pour la vieillesse.

Mais la générosité s'arrête là. «Le mal qu'il y a quand on est un chef, c'est justement d'aller se faire soigner ailleurs, hors de son pays, quand on a eu 45 ans pour construire et investir dans son pays, pour qu'on ait la logistique hospitalière et sanitaire que nous envions et que nous poursuivons à l'extérieur.» Voilà le verdict. Paul Biya est hospitalisé dans une clinique privée de Genève — pendant que les hôpitaux camerounais manquent de médicaments, de personnels qualifiés et d'équipements. Pendant que des soldats du BIR n'ont pas de matériel pour détecter les mines. Pendant que des femmes accouchent dans des conditions que les médecins suisses qui traitent le président ne connaîtront jamais.

«C'est ça le grand mal» — trois mots qui résument quarante-cinq ans de gouvernance. Pas la maladie du vieillard. Pas le soin du président. Mais l'absence de ce qui aurait permis que le président soit soigné chez lui, au Cameroun, dans un hôpital digne de ce nom que quatre décennies et demie au pouvoir auraient dû construire.

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