Le nouveau vice-président du pays fait débat, malgré qu'il n'ait pas encore été élu. On se rappelle cette décision de Biya, validée il y a plusieurs semaines maintenant par les hautes institutions nationales : la promulgation de la loi portant révision de la Constitution, rétablissant officiellement un poste de vice-président au Cameroun.
Le texte a été adopté par le Parlement réuni en Congrès le 4 avril passé. Il modifie la Constitution de 1996 et replace le vice-président au cœur du pouvoir exécutif.
Nous pouvons garantir, après avoir lu le document officiel, que la réforme constitutionnelle introduit plusieurs points. L'un d'eux est que le vice-président est directement nommé et peut être révoqué par le chef de l'État.
S'agissant de la succession, en cas de vacance du pouvoir, on parle de décès, de démission ou d'empêchement définitif du président, c'est le vice-président nommé en amont qui devient alors et constitutionnellement le successeur de celui-ci. Il est ensuite chargé d'achever le mandat en cours.
Dans la pratique, selon cette loi officialisée le 14 avril, marquant son entrée en vigueur, le vice-président supplante le président du Sénat, qui n'assure désormais l'intérim présidentiel qu'en cas d'indisponibilité du vice-président.
Il y a quelques heures, un nom a été donné. Le vice-président a été nommé par un décret qui a été dans la foulée considéré de faux. Connaître ce nom intéresse fortement l'activiste Jorel Jacques Zang : « C'est ce qui m'intéresse car ce nom nous permettra de connaître les intentions sournoises de certains clans du pouvoir ».
Le membre de la diaspora complète que « si on en arrive à aller à la chaîne nationale pour donner des faux documents nommant un faux gouvernement et un faux vice-président de la République sans aucune gêne, vous comprenez donc que plus personne n'a peur de rien au Cameroun parce que justement, le Cameroun n'est plus dirigé, vu que nous sommes dans une République bananière ».
En effet, à tous les hommes politiques auxquels nous avons posé la question, Zang n'exagère pas de leur point de vue. La question elle-même est déjà très sensible pour qu'on arrive à penser à dribler la population avec un faux document.
S'agissait-il d'un coup fait à dessein pour tâter le terrain ? Cette thèse prend tout son sens, surtout que nous apprenons que le nom contenu dans cette note envoyée à la CRTV pour lecture au journal télévisé est Emmanuel Franck Biya, le fils du président de la République dont le nom revient avec insistance depuis un moment.