Martinez Zogo leur transmettait des notes d'information et des dossiers confidentiels
Lors de son témoignage au procès de l’affaire Martinez Zogo, le 33e témoin a affirmé que le journaliste entretenait des échanges réguliers avec Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke, à qui il aurait transmis des informations et dossiers sensibles, notamment sur Jean-Pierre Amougou Belinga. Selon ce témoignage, l’affaire s’inscrirait dans un contexte de rivalités entre différents cercles d’influence au sommet de l’État.
AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : LES RÉVÉLATIONS CHOC DU 33e TÉMOIN SUR LES LIAISONS DE MARTINEZ ZOGO AVEC NGOH NGOH, BABOKE ET AMOUGOU BELINGA.
L'achèvement de la réexamination du 32e témoin n'était que le prélude à un coup de théâtre savamment orchestré par le Ministère Public. En appelant immédiatement à la barre son 33e témoin, Monsieur Ouloumou Jean-Pierre, l'accusation a introduit un expert dont les premières déclarations sous serment ont instantanément déplacé le curseur du procès vers les sommets de l'appareil étatique camerounais. Les dépositions de cet expert ont mis en lumière une guerre de clans impitoyable, plaçant Ferdinand Ngoh Ngoh, Oswald Baboke et Jean-Pierre Amougou Belinga au centre d'un réseau complexe d'influences, de dénonciations et de rivalités financières. Dès ses premières prises de parole, Monsieur Ouloumou Jean-Pierre a exposé les résultats de ses analyses techniques, révélant que Martinez Zogo n'était pas un simple animateur de radio s'en tenant à des diatribes publiques, mais un informateur stratégique et régulier pour le compte de la Présidence de la République.
L'expert a formellement cartographié un axe de communication direct et secret liant le journaliste à Ferdinand Ngoh Ngoh, Ministre Secrétaire Général de la Présidence (SGPR), et à Oswald Baboke, Directeur Adjoint du Cabinet Civil. Selon le témoin, Martinez Zogo transmettait de manière systématique des notes d'information et des dossiers confidentiels à ces deux figures majeures d'Etoudi, agissant comme un relai de renseignement privé au sein d'un circuit fermé de pouvoir. Le contenu de cet « arrosage » informationnel, tel que décrit par le 33e témoin, avait une cible prioritaire et clairement identifiée : l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, puissant patron du groupe L'Anecdote, aujourd'hui détenu et poursuivi dans cette affaire. Le témoin a expliqué que Martinez Zogo utilisait sa proximité avec Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke pour accumuler et transmettre des accusations gravissimes de détournement de deniers publics visant directement Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi que le Directeur de la Sécurité Présidentielle (DSP). Les rapports acheminés vers le SGPR et le Directeur Adjoint du Cabinet Civil comprenaient un mélange de données issues de la veille des réseaux sociaux et de conclusions tirées des propres investigations du journaliste.
Pour donner du poids à ses dénonciations auprès de Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke, Martinez Zogo s'était procuré des pièces maîtresses concernant les plus grands scandales financiers de la décennie. L'expert Ouloumou Jean-Pierre a énuméré de façon factuelle les dossiers que le journaliste transmettait à ses contacts de la Présidence pour accabler le camp de Jean-Pierre Amougou Belinga. Parmi ces dossiers figuraient les audits et rapports de la Task Force et du Covid-gate, les malversations présumées de l'Olémbé-gate liées au complexe sportif, la gestion opaque des subventions de la Ligne 94, ainsi que les affaires contentieuses du Port Autonome de Douala impliquant Bolloré, et le dossier du Cabinet Ottou. Chaque note envoyée devenait ainsi une arme politique et judiciaire mise à la disposition du duo Ngoh Ngoh - Baboke. Ces révélations détaillées par le 33e témoin démontrent que l'assassinat de Martinez Zogo s'inscrit dans le prolongement direct d'un affrontement titanesque entre deux factions du régime : d'un côté, les hauts responsables de la Présidence comme Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke, destinataires des alertes, et de l'autre, des puissances économiques et sécuritaires ciblées par ces rapports, incarnées par Jean-Pierre Amougou Belinga. Devant l'extrême sensibilité de ces déclarations et l'imminence de la production des preuves matérielles, le Tribunal Militaire a prononcé la suspension de l'audience à 14h45 précises.
EsbiMedia