Plan de destabilisation : Qui paie les articles de Jeune Afrique sur le Cameroun?

Biya Couverture Jeune Afrique640 Ce type d'article ne vise pas à informer. Il vise à déstabiliser

Tue, 23 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Le magazine Jeune Afrique est accusé de mener une offensive médiatique ciblée contre le Cameroun à travers plusieurs articles consacrés à la santé du président Paul Biya, aux enjeux de succession, aux rivalités au sommet de l’État et à diverses polémiques politiques. Ces publications reposent largement sur des sources anonymes, des spéculations et des récits difficiles à vérifier, dans le but de fragiliser l’image du pays.

JEUNE A FRIC SUR LE CAMEROUN : SEPT ARTICLES EN DEUX SEMAINES – UN CARNET DE COMMANDES OU UN AGENDA ÉDITORIAL ?

Entre mai et juin 2026, le magazine parisien Jeune Afrique que ses détracteurs ont depuis longtemps rebaptisé « JEUNE À FRIC » a produit pas moins de sept articles consacrés au Cameroun. Derrière la façade du journalisme d'investigation panafricain, un décryptage rigoureux révèle une mécanique bien huilée :

●Distillation d'incertitudes non vérifiées,

●Instrumentalisation de la fragilité politique et économique d'un pays souverain, et traitement médiatique qui soulève des questions légitimes sur les véritables commanditaires de cette offensive éditoriale.

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝟏 : 𝐋𝐀 𝐒𝐀𝐍𝐓𝐄́ 𝐃𝐄 𝐏𝐀𝐔𝐋 𝐁𝐈𝐘𝐀 — 𝐋𝐄 𝐆𝐑𝐀𝐍𝐃 𝐂𝐋𝐀𝐒𝐒𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐃𝐔 𝐅𝐄𝐔𝐈𝐋𝐋𝐄𝐓𝐎𝐍

L'article sur le « séjour médical en Suisse » du Premier Xerxès est le plus révélateur de la méthode Jeune Afrique. Le magazine affirme que le chef de l'État camerounais est pris en charge dans une clinique privée de Genève depuis le 7 juin, à la suite d'un malaise survenu lors de la fête nationale du 20 mai 2026.

La réaction de Yaoundé a été immédiate. Dans un communiqué officiel signé le 18 juin 2026 par le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, le gouvernement camerounais a fermement démenti ces allégations, les qualifiant de « malveillantes et infondées ».

Mais là où la méthode se trahit, c'est dans le luxe de détails non vérifiables que s'autorise le magazine. Jeune Afrique évoque notamment un avion médicalisé affrété depuis l'Europe ayant d'abord stationné en Guinée équatoriale pour préserver la discrétion, des médecins suisses et français dépêchés en renfort à Yaoundé, et une possible rencontre entre le président et son fils Franck Biya autour du dossier de la vice-présidence.

Des récits de coulisses qui présentent l'architecture d'une fiction plausible pas d'une enquête vérifiable.

Notons au passage que Jeune Afrique a déjà écrit des articles similaires sur la santé de Paul Biya en septembre 2025. Le feuilleton médical est un produit récurrent, un fond de commerce.

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝟐 : 𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐂𝐄-𝐏𝐑𝐄́𝐒𝐈𝐃𝐄𝐍𝐂𝐄, 𝐌𝐎𝐓𝐀𝐙𝐄, 𝐍𝐊𝐔𝐄𝐓𝐄 — 𝐋𝐄 𝐓𝐇𝐄́𝐀̂𝐓𝐑𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐒𝐔𝐂𝐂𝐄𝐒𝐒𝐈𝐎𝐍𝐒

Trois articles sur les mêmes semaines traitent de la vice-présidence et des jeux de clans au sommet de l'État camerounais. La méthode est identique : sources anonymes, conditionnels à profusion, noms lâchés pour créer l'agitation.

Jeune Afrique révèle ainsi que le séjour de Paul Biya en Suisse, « initialement prévu pour deux semaines, a d'ores et déjà été prolongé » et que plusieurs dossiers urgents restent bloqués :

●La désignation d'un vice-président,

●Les nominations de hauts gradés militaires, la présidence du Conseil supérieur de la magistrature.

Ce type d'article ne vise pas à informer. Il vise à déstabiliser. En énumérant méthodiquement les dossiers « en suspens », en nommant les prétendants, en évoquant des réunions « secrètes », Jeune Afrique transforme l'incertitude politique normale d'un État en signal de déliquescence. C'est un journalisme de déstabilisation, pas d'information.

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝟑 : 𝐎𝐒𝐖𝐀𝐋𝐃 𝐁𝐀𝐁𝐎𝐊𝐄 — 𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐑𝐓𝐑𝐀𝐈𝐓 𝐀𝐔 𝐒𝐄𝐑𝐕𝐈𝐂𝐄 𝐃𝐄 𝐐𝐔𝐈 ?

Un article consacre dix points à Oswald Baboke, présenté comme « L'HOMME QUI MURMURE À L'OREILLE DES BIYA ». Il est décrit comme numéro deux du Cabinet Civil Prc du président de la République, protégé de la première dame, mais aussi investisseur et homme d'Église.

Pourquoi ce portrait maintenant ? Pourquoi cet homme ? La réponse est dans la question. Dans un contexte de spéculations sur la succession, dresser le profil des « hommes de l'ombre » d'Etoudi, c'est alimenter les guerres de clans, offrir une tribune aux uns, désigner des cibles aux autres. C'est du journalisme de cour au service d'intérêts que le magazine n'identifie jamais.

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝟒 : 𝐋𝐎𝐍𝐆𝐔𝐄 𝐋𝐎𝐍𝐆𝐔𝐄 — 𝐔𝐍 𝐅𝐀𝐈𝐓 𝐃𝐈𝐕𝐄𝐑𝐒 𝐓𝐑𝐀𝐍𝐒𝐅𝐎𝐑𝐌𝐄́ 𝐄𝐍 𝐒𝐘𝐌𝐁𝐎𝐋𝐄 𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄

Le buzz a démarré avec une vidéo montrant l'artiste camerounais dans un aéroport parisien, apparemment précédé de deux policiers français. Il s'agirait d'une expulsion. L'interprète de « Ayo Africa » avait été interpellé à Strasbourg le 27 mai, accusé de séjour irrégulier en France.

Conduit à la Direction régionale de la police judiciaire dès sa descente d'avion, l'artiste a finalement été remis en liberté au terme de son audition.

C'est un fait divers. Réel, certes. Mais Jeune Afrique en fait un article à charge contre l'État camerounais, sans mentionner que le séjour irrégulier en France est une faute administrative française pas camerounaise ni que Longue Longue a finalement été libéré sur le sol national où il jouit de sa liberté de mouvement.

𝐀𝐂𝐓𝐄 𝟓 : 𝐋𝐄𝐒 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐂𝐄𝐋𝐋𝐄𝐑𝐈𝐄𝐒 𝐀𝐁𝐀𝐍𝐃𝐎𝐍𝐍𝐄́𝐄𝐒 𝐄𝐓 𝐋𝐄𝐒 𝐐𝐔𝐄𝐒𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐒𝐀𝐍𝐒 𝐑𝐄́𝐏𝐎𝐍𝐒𝐄𝐒

L'article sur l'abandon présumé des chancelleries camerounaises à l'étranger suit la même logique : partir d'un problème réel les difficultés budgétaires de certaines représentations diplomatiques pour construire un récit de délitement généralisé de l'État.

●Aucune donnée chiffrée sourcée.

●Aucune réponse officielle. Un procès à charge, instruit par des « sources » sans visage.

𝐐𝐔𝐈 𝐅𝐈𝐍𝐀𝐍𝐂𝐄 𝐉𝐄𝐔𝐍𝐄 𝐀̀ 𝐅𝐑𝐈𝐂 ?

La vraie question que personne ne pose assez fort : qui paie ces articles ?

Selon un journaliste malien cité dans plusieurs publications, parmi les régimes faisant recours aux services de Jeune Afrique figurerait la monarchie marocaine, une facture référencée MAR0711-01, datée du 22 juillet 2011, libellée au nom du ministère marocain de l'Intérieur concernant un « contrat de communication » d'un montant de 125 000 euros ayant été mise en circulation.

Des allégations que le magazine conteste mais qui ne font que renforcer les interrogations légitimes sur son modèle économique.

Ce qui est établi, c'est que Jeune Afrique vit d'abonnements, de publicité et de suppléments pays ces hors-séries « valorisants » commandés par des gouvernements ou des entités privées pour soigner leur image. Les mêmes États que le magazine critique ou encense selon les cycles de commandes.

𝐋𝐄 𝐂𝐀𝐌𝐄𝐑𝐎𝐔𝐍 𝐍'𝐄𝐒𝐓 𝐏𝐀𝐒 𝐀̀ 𝐕𝐄𝐍𝐃𝐑𝐄

Sept articles en deux mois.

●Pas un seul sur les réalisations concrètes du pays.

●Pas un sur la SOCADEL et la réforme du secteur électrique.

●Pas un sur les 12 242 recrutements dans la fonction publique en 2026.

●Pas un sur Rebecca Enonchong portée à la vice-présidence de la Chambre de Commerce Internationale.

●Pas un sur les chantiers d'infrastructure.

Non. Jeune Afrique préfère la santé du président, les jeux de succession, les artistes expulsés et les hommes de l'ombre.

Ce n'est pas du journalisme panafricain. C'est un agenda.

Et le Cameroun mérite mieux que d'être le terrain de jeu d'un magazine parisien qui, depuis 1960, confond l'Afrique avec son fonds de commerce.

En 2026, l'Afrique a le droit à une presse qui lui ressemble.

Shance Lion

Source: www.camerounweb.com