Alors que l'affaire du faux décret présidentiel portant nomination d'un vice-président continue de susciter des interrogations, l'analyste politique Valère Bertrand Bessala livre une lecture minutieuse des éléments du dossier. Selon lui, le document aurait été retravaillé pour inscrire le nom du porteur, simple commissionnaire, alors que le véritable bénéficiaire serait resté inconnu.
Dans une analyse publiée sur les réseaux sociaux, Valère Bertrand Bessala estime que le décret présenté à la CRTV n'est pas un simple canular. « Il n'est FAUX que parce qu'IL N'ÉMANERAIT PAS DE LA VOLONTÉ DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE », écrit-il.
Il souligne plusieurs éléments troublants : « La SIGNATURE SCANNÉE du Président de la République est actuelle, le VISA DU COURRIER paraît AUTHENTIQUE, le dispositif, le titre du décret, le timbre ainsi que la formulation des dispositions sont l'œuvre d'un professionnel de la logistique administrative et réglementaire .»
Un nom effacé, un commissionnaire sacrifié
L'analyste affirme que le nom et le prénom figurant sur la copie vulgarisée sur les réseaux sociaux ne sont pas ceux qui figuraient au moment du dépôt à la CRTV. « C'est TRÈS VISIBLE que ce document a été RETRAVAILLÉ pour Y INSCRIRE LE NOM DU PORTEUR, simple COMMISSIONNAIRE arrêté et détenu désormais », écrit-il.
Pour lui, ce garçon « n'est et ne saurait NULLEMENT être le bénéficiaire dont le nom était inscrit À L'ORIGINE sur ce document ».
Bessala relève un élément capital : le porteur disposait également d'un second décret portant formation du gouvernement. « Aurait-il pu être ALTRUISTE DANS L'AMUSEMENT et le CANULAR au point de penser toute une équipe gouvernementale qui devrait l'accompagner dans l'exercice de ses fonctions de vice-président ? » s'interroge-t-il.
Il dénonce le fait que ce second décret n'ait pas été rendu public : « Pourquoi LES OFFICINES n'ont pas aussi mis sur les réseaux sociaux et à la disposition du grand public, cet autre décret portant formation du gouvernement ? »
Des complicités à la CRTV ?
L'analyste pointe du doigt le rôle du journaliste de la CRTV qui a ouvert le premier ce courrier. « Il SAIT ET CONNAIT LE VRAI NOM qui y était inscrit. Il serait donc COMPLICE DE CE FAUX SUR LE FAUX », affirme-t-il.
Il met également en cause le journaliste correspondant d'une chaîne de radio étrangère, premier à divulguer l'information sur les réseaux sociaux, qui « SOIT EST COMPLICE de s'être laissé CORROMPRE pour ORIENTER L'OPINION vers ce FAUX SUR LE FAUX, ou alors il aurait été NAÏVEMENT UTILISÉ pour ce faire ».
La clé : examiner le second décret
Valère Bertrand Bessala estime que la vérité ne pourra éclater que si le second décret portant formation du gouvernement est examiné. « La FORME DU DOCUMENT ainsi que les NOMS ET LES POSTES y contenus décideront une fois pour toutes les enquêteurs, l'opinion et la Nation toute entière », conclut-il.
Cette analyse, qui émane d'un acteur politique de l'opposition (Bessala préside le mouvement La Jouvence), ajoute une couche de complexité à une affaire déjà trouble. La justice camerounaise devra désormais faire la lumière sur les commanditaires réels de cette tentative de manipulation.