Ressemblance dans les affaires
Justin Danwe, ancien chef des opérations de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), est en prison pour son implication dans l'assassinat de l'homme de média, Martinez Zogo. Sitchom Kuate, lui, est l'homme qui a apporté un décret présidentiel à la Cameroon Radio Television (CRTV) en faisant connaître le nouveau vice-président élu alors que rien n'a encore été fait par celui à qui appartient cette décision, à savoir Paul Biya.
Danwe et Sitchom Kuate, c'est finalement le même mode opératoire dans deux tableaux différents, estime un homme dans le paysage médiatique qui s'intéresse aux deux cas et trouve une corrélation.
Un colonel de gendarmerie et un ingénieur en mission suicide de déstabilisation des institutions, voilà en quoi se résume la similitude des deux hommes.
Danwe a pour mission de faire tomber les gros baobabs de la République notamment Laurent Esso et toute la justice comme institution, Léopold Maxime Eko Eko et le plus grand service d'intelligence la DGRE, le général Ivo et la garde prétorienne du chef d'État, Louis Paul Motaze l'argentier et non moins oncle de Franck Biya, Sitchom a pour mission de faire tomber toute l'architecture étatique et tout le gouvernement et les deux hommes ont la même consigne, réussir et gagner un jackpot ou échouer et c'est la mort assurée.
Un colonel et un ingénieur ne sauraient être deux détraqués lambda, ils agissent en connaissance de cause, soit pour de l'argent et on parle ici de beaucoup d'argent, soit par conviction idéologique ou religieuse comme les djihadistes se font exploser, soit dans l'attente ou la promesse d'un éventuel poste.
Pour le cas de Danwe, deux millions pour un commando d'une douzaine de personnes plus la logistique nécessaire ne peuvent pas être déterminants pour un Colonel de gendarmerie, pour commettre une horreur. L'idéologie, ici, la loyauté de l'individu envers les institutions est questionnée. Reste enfin la promesse d'un poste comme devenir le prochain DGRE après avoir arboré les attributs de Général, ici, il s'agit de la crainte révérencielle, la soumission à une autorité supérieure.
Pour Sitchom encore en exploitation, le schéma n'est pas différent. Et dans les deux cas, les deux individus risquent des peines lourdes de prison en cas d'échec et de la non prise en main du contrôle de la situation par le(les) commanditaire(s).