Assass!nat de Martinez Zogo : Le cas Oswald Baboke

Baboke Serait Dans Le Dur Les échanges publiés ne permettent pas, en eux-mêmes, de conclure à une responsabilité pénale

Fri, 26 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

La publication des échanges WhatsApp entre Martinez Zogo et Oswald Baboke ne constitueraient pas une preuve d'implication de ce dernier dans l'assassinat du journaliste. Selon certains observateurs, ces conversations relèvent d'échanges ordinaires et leur diffusion alimente surtout des spéculations. Il appelle à respecter la présomption d'innocence et à recentrer le débat sur les véritables questions du procès : l'identification des commanditaires, des auteurs et des bénéficiaires du crime.

Il est des moments dans la vie judiciaire d'une nation où l'on mesure, à l'aune des manœuvres qui s'y déploient, le degré de panique de ceux qui ont quelque chose à cacher. L'affaire Martinez Zogo est de ceux-là.

Ce matin, la blogosphère camerounaise a cru tenir une bombe. Des échanges WhatsApp entre le journaliste assassiné et le Directeur Adjoint du Cabinet Civil, Oswald Baboke, versés au dossier du Tribunal Militaire, ont été brandis comme des révélations fracassantes, susceptibles d'ébranler les hautes sphères du pouvoir. L'annonce était tonitruante. La réalité des messages, elle, est d'une platitude désarmante.

La publication des échanges WhatsApp attribués au journaliste Martinez Zogo et à Oswald Baboke était présentée comme une révélation susceptible de bouleverser la compréhension de l'affaire. Après lecture des messages diffusés, une question s'impose : ces conversations apportent-elles réellement des éléments permettant d'établir une implication du Directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence dans l'assassinat du journaliste ?

À ce stade, la réponse paraît loin d'être évidente.

LE JOURNALISME DE LA SUGGESTION

Lire ces échanges avec soin ce que manifestement peu de ceux qui les ont commentés ont pris la peine de faire. Hors, Les messages rendus publics montrent essentiellement des échanges de courtoisie, des prises de contact, la transmission d'informations par Martinez Zogo et des réponses d'Oswald Baboke. Ils évoquent notamment une liste de créanciers présumés de Samuel Eto'o, sur laquelle le nom d'Oswald Baboke apparaît, ce que ce dernier dément explicitement en affirmant qu'aucune dette ne lui est due. D'autres échanges concernent un article de presse mettant en cause Oswald Baboke dans une affaire distincte, auquel il répond en dénonçant ce qu'il présente comme une manipulation et en choisissant de ne pas alimenter davantage la polémique.

Voilà la bombe. Voilà l'explosif. Voilà ce que des avocats présentent à l'opinion publique camerounaise comme la preuve d'une implication dans l'un des assassinats les plus retentissants de l'histoire récente du pays.

C'est ce qu'on pourrait appeler, dans le langage du métier, le journalisme de la suggestion, cette technique qui consiste à accoler un nom à une affaire criminelle, non pas parce que les faits l'exigent, mais parce que l'association mentale, une fois créée dans l'esprit du public, devient difficile à effacer. On ne dit pas : BABOKE EST COUPABLE. On dit : Voici les échanges entre Baboke et Zogo. Et on laisse faire l'imagination collective. Et désormais dans l'imagination collective, le Nom de Baboke est mêlé à l'affaire Martinez Zogo, C'est habile. C'est calculé. C'est du Grand Art, du très Grand Art même.

Les échanges publiés ne permettent pas, en eux-mêmes, de conclure à une responsabilité pénale.

C'est précisément là que le débat mérite d'être recentré. Dans une affaire aussi grave, il convient de distinguer les faits établis des interprétations. Une conversation entre un journaliste et une personnalité publique, aussi intéressante soit-elle, ne vaut pas automatiquement preuve d'une quelconque implication criminelle, mais il faut fabriquer ça dans l'imagination collective.

La diffusion de ces échanges intervient alors que le procès poursuit son cours devant le Tribunal militaire. Chacun est libre de s'interroger sur le moment choisi pour cette publication et sur ses effets dans le débat public. Toutefois, toute hypothèse sur d'éventuelles motivations derrière cette diffusion relève de l'interprétation et ne peut être présentée comme un fait établi en l'absence d'éléments probants.

L'affaire Martinez Zogo demeure l'une des plus sensibles de ces dernières années. Elle exige de la rigueur, de la prudence et le respect de la présomption d'innocence pour toutes les personnes concernées.

Ce que l'opinion publique camerounaise est en droit d'attendre, ce n'est pas des échanges de vœux présentés comme des aveux. C'est la manifestation pleine et entière de la vérité devant le Tribunal Militaire sans entrave, sans diversion, sans opération de communication destinée à protéger les vrais coupables.

-Qui a commandité l'assassinat de Martinez Zogo ?

-Qui a donné l'ordre ?

-Qui a bénéficié de sa mort ?

Voilà les questions. Voilà le procès. Voilà ce que les Camerounais attendent.

Tout le reste les fumées, les cabales, les échanges WhatsApp de Noël brandis comme des preuves n'est que le bruit de ceux qui ont peur que la vérité parle enfin.

Et la vérité, tôt ou tard, parle toujours.

Shance Lion

Source: www.camerounweb.com