Jeune Afrique révèle la guerre ouverte entre Amougou Belinga et l'avocate de la famille Zogo

MARTINEZ ZOGO AMOUGOU BELINGA BELL GEORGES Image illustrative

Sat, 27 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Il y a des procès où les faits sont au centre. Et il y a ceux où la guerre entre les parties prend le dessus — au point de devenir elle-même un révélateur de ce que chaque camp veut cacher ou exposer. Le procès Martinez Zogo est clairement entré dans cette seconde catégorie. À l'audience du 22 juin 2026, Jean-Pierre Amougou Belinga a déclaré devant le tribunal que son avocate adverse Me Félicité Zeifman «développe un fantasme sur sa personne». Une formulation qui, dans la bouche d'un accusé en cours d'audience, dit l'intensité d'une hostilité qui dépasse désormais le simple différend juridique. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive du 24 juin, documente les coulisses de cette guerre — et les questions qu'elle soulève sur la neutralité de l'instruction.

Jeune Afrique révèle l'ampleur de la contre-offensive médiatique déclenchée par le groupe Amougou Belinga contre Me Félicité Zeifman. Dès le lendemain des audiences des 1er et 2 juin — pendant lesquelles l'avocate avait tenté de forcer l'expert Bell Bitjoka à se prononcer sur les appels entre Amougou Belinga et Danwe —, le quotidien L'Anecdote (propriété d'Amougou Belinga) titrait : «Aigreur, déchéance, infamie». Simultanément, «plusieurs reportages à charge meublaient le journal de la chaîne Vision 4, qualifiant l'avocate de «veuve noire»».

Des médias appartenant à l'accusé principal utilisés pour discréditer l'avocate de la famille du mort — dont le propriétaire est en détention en attendant son jugement. Une situation d'une nature si particulière que le Conseil de l'Ordre des Avocats a dû saisir le Conseil National de la Communication (CNC) pour «fustiger une «rare agressivité verbale»», selon les révélations de Jeune Afrique. Une plainte institutionnelle d'un ordre professionnel contre des médias appartenant à un accusé — au cours de son propre procès. Un précédent sans équivalent dans l'histoire judiciaire camerounaise récente.

Les questions sur Cerlin Belinga : l'instruction oriente-t-elle ?

La révélation la plus institutionnellement grave de l'enquête de Jeune Afrique concerne le commissaire du gouvernement Cerlin Belinga — et la manière dont il conduit l'instruction. Lors des audiences des 22 et 23 juin, pendant l'audition du second expert Jean-Pierre Oloumou, les questions du commissaire du gouvernement ont «essentiellement tourné autour des liens entre Martinez Zogo et certains hauts responsables» — notamment le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh et le directeur adjoint du cabinet civil Oswald Baboké. Autrement dit : pendant que 82% des données numériques d'Amougou Belinga restent inexploitées, l'instruction questionne les relations du journaliste mort avec les figures les plus proches de Paul Biya.

La question que Jeune Afrique rapporte sans la commenter est celle que posent les avocats de la partie civile et de la DGRE : «Pourquoi le commissaire du gouvernement a-t-il semblé ne pas vouloir approfondir les investigations sur Amougou Belinga, pour explorer d'autres relations ?» En droit, le commissaire du gouvernement est censé rechercher la vérité — à charge et à décharge. En pratique, le choix des questions posées aux experts, le choix des données analysées et le choix des pistes explorées reflètent nécessairement une vision de l'affaire. Et cette vision, selon les avocats de la famille Martinez Zogo, semble s'éloigner du principal accusé pour regarder ailleurs.

Jeune Afrique ne peut ignorer le contexte dans lequel s'inscrivent ces révélations. Lors des mêmes audiences, l'expert Oloumou a présenté des données extraites du téléphone de Martinez Zogo — révélant notamment que le journaliste appelait affectueusement «Mon bébé» l'épouse d'une haute personnalité, et que cette dernière lui aurait promis : «Tu seras toujours en haut.» Ces révélations, diffusées en boucle sur les réseaux sociaux par des comptes proches du camp Amougou Belinga, servent une stratégie lisible : détourner l'attention du téléphone introuvable et des 82% de données non exploitées vers la vie privée du mort.

L'instruction questionne Ngoh Ngoh et Baboké. Les médias d'Amougou Belinga diffusent les messages intimes de Martinez Zogo. La partie civile réclame une expertise complémentaire. Le tribunal rejette. Et l'affaire se poursuit les 13 et 14 juillet — pendant que le téléphone clé reste introuvable, que 82% des données d'Amougou Belinga restent dans l'ombre, et que la famille de Martinez Zogo attend une vérité que l'instruction semble de moins en moins pressée d'établir.

Source: www.camerounweb.com