Affaire Martinez Zogo : le jeu trouble du Commissaire du Gouvernement

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Sat, 27 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Un magistrat aux ordres ? Depuis l'enquête préliminaire dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, le Commissaire du Gouvernement enchaîne les figures de gymnastique procédurale. Entre disparitions de procès-verbaux, résistance à des perquisitions, contestation des aveux mêmes des exécutants et promesse d'un poste doré à Washington à l'issue du procès, les observateurs y lisent un parcours trouble. L'épisode de l'ordonnance fantôme du 1er décembre 2023, qui prévoyait la mise en liberté des principaux accusés avant d'être démentie par son propre auteur, a laissé des traces sur l'image de la juridiction militaire. Aujourd'hui, le procès patine au rythme de deux jours d'audience toutes les trois semaines, pendant que des experts bâclent leurs missions et que le droit trinque dans un grand écart permanent. Une chose est sûre : c'est toute l'institution judiciaire qui vacille.



Affaire Martinez Zogo : le jeu trouble du Commissaire du Gouvernement

Le Commissaire du gouvernement et son grand écart permanent.

Vous avez dit “incompétence”? Trop simple.

Depuis l’enquête préliminaire, le Commissaire du gouvernement dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo enchaîne les figures. Pas des figures de style. Des figures de gymnastique procédurale.

Les observateurs, eux, n’y voient pas que de la maladresse. Ils y lisent un parcours express : promotions fulgurantes, train de vie qui accélère plus vite que le dossier. De quoi alimenter les chuchotements sur un “magistrat aux ordres”. L’intéressé, qui n’a pas vraiment la carrure d’un général de parade, s’est d’abord signalé par des qualifications juridiques pour le moins... créatives.

Puis est apparu l’autre personnage du duo : un magistrat civil haut cadre Sawa à la Cour d’appel du Centre, missionné pour l’accompagner. Le tableau parfait d’une justice à deux voix, mais qui peine à faire entendre la voix du droit dans ce dossier pourtant limpide sur le principe : un assassinat, des suspects, des aveux, un procès.

Disparitions, conciliabules, mariages clinquants !

Dès l’instruction, des pans entiers de procès-verbaux se sont volatilisés. Sans que personne ne s’émeuve. Au même moment, la question des téléphones de Amougou Belinga tournait au jeu de cache-cache familial. L’urgence d’une perquisition s’est heurtée à la résistance d’une épouse magistrate et à des discussions de couloir avec le Garde des Sceaux et un ministre de la Présidence.

Hasard du calendrier : le commissaire a célébré ensuite un mariage fastueux, dont le budget a fait tiquer plus d’un chroniqueur au vu de sa fiche de paie.

On lui prête même une promesse de poste doré à l’issue du procès : attaché militaire à Washington. Une carotte qui expliquerait, selon les mauvaises langues, son zèle à déconstruire l’accusation. Surtout quand il s’agit de contester les aveux même des exécutants.

L’ordonnance fantôme de décembre 2023

Le grand moment de bravoure judiciaire reste cette ordonnance de mise en liberté signée le 1er décembre 2023 par le juge d’instruction militaire. Amougou Belinga et Maxime Eko Eko libres, sur la base d’aveux qui les “disculperaient”. Le texte ressemblait à un acquittement déguisé. Face au tollé, le juge l’a démentie, parlant de “faux”. Le tribunal l’a enterrée le 11 novembre 2024. L’épisode a laissé des traces sur l’image de la juridiction militaire.

Le ministère public au secours de la défense

Depuis, la stratégie aurait changé : place à la déconstruction pièce par pièce. Le commissaire s’attaque aux aveux répétés de Justin Danwe, minimise les éléments matériels — géolocalisation, écoutes, témoignages — et met en scène des expertises.

Deux experts, dont le poulain du Garde des Sceaux Georges Bell Bitjoka, sont montés au front. Leur mission? Selon la défense : éclairer. Selon l’accusation : divertir.

Le fond du problème

Au tribunal militaire de Yaoundé, le procès patine au rythme des deux jours d’audience toutes les trois semaines. Entre vidéos insoutenables projetées le 1er juin 2026, témoignages d’experts informatiques et rapports médico-légaux, la justice camerounaise joue son crédit.

Satire mise à part : quand les experts bâclent, quand les PV disparaissent, quand les promesses volent plus haut que les preuves, le droit trinque. Et c’est toute l’institution qui finit en grand écart.

Par Essomba

Source: www.camerounweb.com