Invité de l'émission Libre Expression sur Info Tv, le président du mouvement La Jouvence, Valère Bessala, a livré une analyse sans concession de l'affaire du faux décret présidentiel, qu'il replace dans un contexte de « fin de règne » marqué par le désordre et l'affaiblissement du chef de l'État.
Pour Valère Bessala, l'affaire du faux décret n'est pas un simple canular. Elle s'inscrit dans un contexte plus large : « Cette histoire de décret, en fait, c'est une atmosphère de fin de règne. Et dans une atmosphère de fin de règne, s'ajoute le grand désordre que le chef lui-même organise et entretient depuis le début de son dernier mandat, en septembre 2018. »
L'homme politique estime que le président Paul Biya, âgé de 93 ans, ne tient plus réellement les rênes du pouvoir. « Soyons un peu charitables avec lui : il ne tient plus réellement les rênes du pouvoir de façon complète. Il ne tient plus grand-chose. »
L'effet Mebara : « Il est très difficile de travailler aux côtés du président sans avoir envie de prendre le pouvoir »
Bessala cite de mémoire l'ancien ministre de la Justice, Amadou Mebara, pour étayer son analyse. « Dans l'un de ses ouvrages, il disait qu'il est très difficile de travailler aux côtés du président sans avoir envie de prendre le pouvoir. »
Le sous-entendu, selon Bessala, est que Paul Biya est « un homme très lent dans sa manière de gouverner. Il tarde à prendre des décisions lorsqu'il le faut. Il est lent dans la décision. Il est lent, d'ailleurs, même dans la sanction. » Une lenteur que Bessala illustre par l'absence de sanctions malgré les multiples scandales : « Nous n'avons pas besoin d'aller bien loin pour le constater : malgré tous les scandales, personne n'a été sanctionné jusqu'à aujourd'hui. »
Bessala ajoute son propre commentaire sur l'ambiance qui régnerait au sein de l'entourage présidentiel : « Quand vous êtes à ses côtés, il est difficile de ne pas vous demander : "Mais que fait-il là où il est ? Est-il conscient qu'il a un pays à diriger ?" »
Cette perception de faiblesse et de lenteur, combinée au désordre ambiant, pousserait les proches du président à tenter leur chance. « Ceux qui sont autour de lui se disent : "Qu'est-ce que nous ne pouvons pas faire aujourd'hui que nous ne pouvions pas faire hier ?" Ils pensent désormais qu'ils peuvent tout faire », conclut Bessala.
Cette intervention de Valère Bessala va au-delà de l'affaire du faux décret. Elle dresse le portrait d'un pouvoir affaibli, où les ambitions personnelles se déchaînent dans une atmosphère de fin de règne, et où les proches du président, voyant sa lenteur et son désengagement, se croient autorisés à tout.