Après bientôt 50 ans d'un pouvoir outrageusement tribal, le Cameroun peut-il survivre à une succession Beti ? C'est la question posée par Sali Mohamadou dans une analyse publiée par Le TGV de l'info. L'auteur dresse un constat sans appel : le régime Biya-RDPC a construit un système où les leviers essentiels du pouvoir sont confisqués par une élite Beti, de la Présidence aux sociétés d'État, en passant par la sécurité et la justice. La liste des successeurs potentiels qui circule – Ferdinand Ngoh Ngoh, Oswald Baboke, Louis Paul Motaze, Franck Biya – ne compte aucun Bassa, Douala, Bamoun, Nordiste, Anglophone ou Bamiléké. Une overdose qui, selon l'analyste, risque de précipiter le pays dans le chaos. Alors que les ressentiments communautaires s'exacerbent et que la guerre civile couve dans les régions anglophones, l'auteur lance un appel solennel à l'élite Beti du RDPC : pour préserver la paix, il est urgent de sortir de la logique tribale et d'ouvrir la succession à d'autres communautés. « Un Beti ne peut pas, dans le contexte politique actuel du Cameroun, remplacer le Beti Paul Biya sans risque d'implosion », conclut-il.
Succession de Paul BIYA après près de 50 ans d'un pouvoir outrageusement tribal: pour sauver la nation Cameroun de l'implosion communautaire, nos frères et sœurs Betis doivent être raisonnables.
Le régime BIYA-RDPC est officiellement et foncièrement tribalisme. Il l'assume d'ailleurs avec arrogance, comme l'atteste l'origine éthique et sociologique de la plupart de ceux qui y occupent les fonctions officielles de premier plan (SGPR, DCC, DCC/A, Indandant PRC, Chef de protocole PRC, Chef d'état major particulier, ComGP, MINDEF, MINEFI, DGSN, SED, président du Conseil Constitutionnel, chef d'état major des armées, l'essentiel des membres du gouvernement, Ambassadeurs, DG des sociétés publiques, autorités administratives, directeur CRTV, Cameroon Tribune, responsables des finances dans toutes les administrations, l'ossature de la chaîne sécuritaire et judiciaires etc...).
Selon l'élite Beti du RDPC, voici les personnalités qui auraient la légitimité villageoise pour prétendre remplacer le frère du village Paul BIYA : Ferdinand NGOH NGOH, OSWALD BABOKE, Louis Paul MOTAZE, MVONDO AYOLO, Franck BIYA, et pourquoi pas Chantal BIYA. Vous constaterez qu'il n'y a aucun Bassa, Douala, Bamoun, Bafia, aucun nordiste et surtout pas d'Anglophone et de Bamileke.
Pourtant, malgré ce constat terrible, n'osez pas faire observer à cette élite, qui endoctrine les populations et surtout la jeunesse Betis dans les villages et villes sur l'idée, fausse et absurde, que s'il n'y avait plus un de "leur frère de village" à présidence de la république, ils seraient tous tués ou à défaut jetés en prison.
Il est temps que les partisans de Biya, et plus particulièrement les compatriotes du grand ère Beti et assimilés, souffrent que les autres Camerounais leur disent la vérité qu'ils refusent volontairement d'entre et de voir. Le dire n'est pas les ostraciser, ni les accuser pour les crimes du régime BIYA-RDPC qui les instrumentalise pour rester au pouvoir.
Après bientôt 50 ans de confiscation tribale et arrogante des leviers essentiels du pouvoir par les frères et sœurs Betis,
les autres communautés du Cameroun ne sont plus, dans leur écrasante majorité, prêtes à accepter qu'un autre Beti succède à BIYA.
Biya ayant galvaudé la démocratie au Cameroun, désubstantialisé toutes les institutions, tous les contres pouvoirs et plus particulièrement ELECAM et le Conseil Constitutionnel, aucune élection organisée par le système actuel ne peut livrer un président de la république Beti qui trouve grâce et légitimité aux yeux de ces très nombreux Camerounais qui, dans le contexte essentiellement tribalisé fabriqué depuis 1982 sous la terreur par Paul BIYA, pensent qu'ils y a déjà une overdose du pouvoir Beti.
Que l'élite Beti du RDPC évitent par son à aveuglement villageois et tribaliste du pouvoir de précipiter le pays dans le chaos.
Le RDPC n'a pas que des cadres Betis. Ce parti prétend être un parti national. Cependant, derrière les apparences officielles, il est un parti tribal. Les militants originaires de chaque région, département, arrondissement et village n'ayant, en réalité, une marge de manœuvre que sur les affaires locales et villageoises, sous réserve que cela ne remette pas en cause ce qui est décidé par les parrains de Yaoundé. C'est ce que démontre l'intensité
des rivalités internes lors des opérations de renouvellement des organes de base dans chaque localité. Une rivalité politique dans les affaires intetnes locales qui contraste avec le verrouillage total du jeu politique national. Un jeu politique national entièrement, et malgré les apparences, contrôlé par les Betis, Paul BIYA, Jacques FAME NDONGO, Grégoire OWONA, le regretté Ndongo Essomba, etc.
Sur la base du constat ci-dessus, après bientôt 50 ans d'un pouvoir Beti étouffant, "les frères et sœurs du village, de Paul BIYA, ne pourraient-ils pas, pour préserver la cohésion interne au RDPC et la paix dans le pays, décider politiquement d'exclure de la liste des prétendants à la succession de Biya, ses militants RDPC Betis?
Ce débat qu'il est urgent et vital de poser publiquement n'a rien à voir avec une quelconque adhésion à la gestion villageoise du pouvoir qui est la marque du régime BIYA-RDPC.
Au contraire, il veut plutôt en sortir, éviter que l'overdose du pouvoir "des Betis", vécu douloureusement par les Nordistes, les Anglophones, les Bassas, les Sawas, les Bamilekes etc..
ne débouche, dans ce contexte ultra sensible de la fin de la dictature de BIYA, sur une implosion du pays.
Biya a déconstruit, avec une détermination rare, la nation et l'unité nationale. Le nouveau pouvoir qui s'installera après sa dictature devra, d'abord, mettre en place l'état de droit, construire un système démocratique, ériger de vrais contres pouvoirs et des institutions forts, créer un organe électoral consensuel et indépendant, créer une cour constitutionnelle indépendante et composée de techniciens patriotes uniquement soumis à la constitution et aux lois, et non au président de la république ou à des lobbies de quelque nature, avant qu'un frère ou une sœur Beti ne puisse encore accéder au pouvoir, y compris par des élections, sans souffrir du légitime soupçon et du préjugé défavorable qu'il/elle aurait pris avantage sur le régime tribaliste de son "frère de village Paul BIYA" pour "arracher" le pouvoir.
Les Betis doivent donc, pour la paix et par amour par la patrie, s'abstenir d'agiter les noms des ces prétendants à la succession de "leur frère" BIYA, de surcroît sont de véritables repoussoirs tellement ils sont les symboles mêmes de l'incompétence congénitale, des dérives morales, de la kleptocratie et de la nature fondamentalement ethnique du régime BIYA-RDPC. Il y a de nombreux Betis très compétents, d'une grande veur morale et légitimement politiquement ambitieux. Des Betis dont certains sont militants du RDPC, militants d'autres partis politiques, membres de la société civile ou vivent dans la diaspora. Et qui, comme une large partie de leurs concitoyens, souffrent de voir que leurs pays est tenu par des dirigeants jouisseurs, kleptocrates et sans vision qui malheureusement ont depuis 1982, mis en avant leur appartenance tribale pour conquérir des positions d'influence dans le pouvoir. Ces Betis compétents, patriotes, pourraient légitimement se sentir pénalisés par une telle proposition. Cependant, c'est uniquement à cause de cette l'élite Beti incompétente, kleptocrate, recrutée par Paul BIYA et utilisée par lui comme le socle de son pouvoir, volontairement présenté comme tribal, que ces braves compatriotes Betis compétents doivent comprendre que les autres communautés du pays expriment, sans haine, leur volonté républicaine de s'affranchir, après près de 50 ans, d'un pouvoir oppressif Beti.
Le Cameroun est un bien commun. Et faute d'un système démocratique éprouvé, mais à cause de la nature tribale du régime BIYA-RDPC, pour la paix entre les communautés, un Beti ne peut pas, dans le contexte politique actuel du Cameroun, remplacer le Beti Paul BIYA sans risque d'implosion. La guerre civile en cours dans les régions anglophones du pays est née de ressentiments politiques légitimes. Chacun doit en tirer les bonnes leçons.
Que le RDPC prépare dès à présent un ou des candidats à la succession de Paul BIYA, Anglophones, Nordistes, Sawas, Bassas, Bamilekes etc...
Le jeu institutionnel qui a consisté, en violation flagrante de la Constitution, à mettre hors jeu le président du sénat, ABOUBAKARY ABDOULAYE, un Nordiste, dans la gestion de la vacance du pouvoir, a envoyé un très mauvais message aux Nordistes sur la volonté de l'élite Beti de conserver par tous les moyens le pouvoir après leur "frère" Paul BIYA. La liste de successeurs possibles du pouvoir en circulation est essentiellement composée de "frères" Betis de Paul BIYA. Ce qui sonne comme une trahison pour les Anglophones car, tous, nous connaissons leurs attentes politiques. Étant entendu que les Bassas et les Bamilekes du régime BIYA-RDPC sont conscients que les élites Betis qui tiennent la réalité du pouvoir au sein de leur système ne saurait toléré que, eux aussi, prétendre au pouvoir suprême. La répression sauvage au faciès, tant policière que judiciaire, des manifestants réclamant le respect des résultats sortis des urnes que l'on a vu en 2018 et en 2025, qui a lourdement frappé les Bamilekes, en 2018, puis les Nordistes, en 2025, et le martyr sans fin des Anglophones depuis le début de la guerre civile au Nord ouest et au Sud ouest, du simple fait qu'ils sont anglophones dans régime tenu par les francophones, renseignent sur les risques communautaires d'implosion que charrie l'arrivée d'un Beti à Etoudi avec le départ naturel, volontaire et même forcé de Paul BIYA.
Par Sali Mohamadou
Le TGV de l'info