Le 22 juin 2026, le Cameroun a failli basculer dans une crise institutionnelle sans précédent. Ce jour-là, un individu s’est présenté à la Cameroon Radio Television (CRTV) porteur d’un pli « de la plus haute importance » en provenance directe d’Etoudi, rappelle le journal l’Indépendant dans sa parution du lundi.
Le document, présenté avec assurance, devait être lu en intégralité lors du journal parlé de 17 heures, comme c’est la tradition pour les actes présidentiels. Absente ce jour-là, la hiérarchie directe a laissé à Aimé Robert Bihina, cadre expérimenté de la maison, le soin de procéder aux premières vérifications.
Sous le pli fermé, le faux avait toutes les apparences de l’authenticité : sceaux officiels de la présidence de la République et signature apparente du chef de l’État. Deux textes étaient joints : l’un portant nomination d’un vice-président de la République, l’autre annonçant la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Au lieu de procéder à la lecture de ce décret, Aimé Robert Bihina alerte sa hiérarchie. Charles Ndongo, directeur général de la CRTV, une fois informé, partage cette circonspection et contacte les autorités compétentes, notamment depuis Genève.
Une enquête diligente révèle aussitôt la supercherie : il s’agissait d’un faux authentique. L’individu est depuis placé en garde à vue et fait l’objet d’une exploitation approfondie par les services compétent. On a frôlé la catastrophe institutionnelle.
Le faux décret présidentiel a été stoppé in extremis à la CRTV. Si la découverte de ce vrai-faux décret présidentiel jette une lumière crue sur la guerre des clans qui fait fureur en vue de la succession au sommet de l’État, sur les réseaux sociaux, une analyse attribuée à Valère Bessala fait état d’un coup d’État manqué contre Paul Biya : « Un décret effectif mais falsifié pour couvrir le vrai bénéficiaire et aussi les commanditaires réels ? Malgré la mise en forme hâtive du document. Il n'est faux que parce qu'il n'émanerait pas de la volonté du président de la République. Mais il est vrai parce que la signature scannée du président de la République est actuelle, le visa du courrier paraît authentique, le dispositif (vu, vu,), le titre du décret, le timbre du décret ainsi que la formulation des dispositions (articles) sont l'œuvre d'un professionnel de la logistique administrative et réglementaire.
Un faux décret falsifié pour tromper le public et couvrir le bénéficiaire et les commanditaires ? Le nom et le prénom sur cette copie vulgarisée sur les réseaux sociaux, ne sont pas ceux qui figuraient au moment du dépôt à la CRTV. C'est très visible que ce document a été retravaillé pour y inscrire le nom du porteur, simple commissionnaire arrêté et détenu désormais.
Ce garçon n'est et ne saurait nullement être le bénéficiaire dont le nom était inscrit à l'origine sur ce document. De plus, si tant est que ce décret était l'œuvre de ce garçon, il n'aurait été porteur que du décret portant nomination d'un vice-président, puisque c'est le seul poste qui l'intéressait vraisemblablement. Mais dans le cas d'espèce, il était aussi porteur d'un autre décret portant formation du gouvernement.
Questions. Aurait-il pu être altruiste dans l'amusement et le canular au point de penser toute une équipe gouvernementale qui devrait l'accompagner dans l'exercice de ses fonctions de vice-président ? Pourquoi les officines n'ont pas aussi mis sur les réseaux sociaux et à la disposition du grand public, cet autre décret portant formation du gouvernement ?
Conclusions, le journaliste de la CRTV qui a ouvert le premier ce courrier sait et connait le vrai nom qui y était inscrit. Il serait donc complice de ce faux sur le faux. Le journaliste correspondant d'une chaîne de radio étrangère, qui a été le premier à divulguer cette information en exclusivité sur les réseaux sociaux, soit est complice de s'être laissé corrompre pour orienter l'opinion vers ce faux sur le faux en affirmant que c'est le porteur ou commissionnaire qui en était en même temps le bénéficiaire, ou alors il aurait été naïvement utilisé pour ce faire.
Pour confirmer ou infirmer définitivement que ce texte est un vrai-faux ou un faux vrai décret, il faudrait examiner le second décret portant formation du gouvernement dont le garçon était porteur. La forme du document ainsi que les noms et les postes y contenus décideront une fois pour toutes les enquêteurs, l'opinion et la nation tout entière », révèle Valère Bessala.
Ndlr, les noms qui figureraient dans cette enveloppe d'après nos investigations, comme étant ceux qui figureraient dans le nouveau gouvernant sont entre autres Paul Atanga Nji, Louis Paul Motaze, Grégoire Owona, Josep Beti Assomo, avec Ferdinand Ngoh Ngoh et Samuel Mvondo Ayolo attendus pour passer un cap supérieur. Leur poste respectif ne nous a pas été communiqué avec exactitude.